dimanche 16 septembre 1990

 

L'Arabie Saoudite submergée par l'afflux de réfugiés koweïtiens.
C'est un véritable exode qui se déroule depuis hier, lorsque les forces d'occupation irakiennes ont ouvert la frontière entre le Koweït et l'Arabie Saoudite. Par milliers, les Koweïtiens affluent depuis lors dans le royaume. Leur arrivée pose déjà problème aux autorités saoudiennes. Mais la situation est bien moins dramatique qu'en Jordanie, dont les faibles ressources ne peuvent suffire à prendre en charge la présence de dizaines de milliers de sans-abri venus du Koweït et d'Irak depuis le 2 août. Entassés dans de vastes camps érigés à la hâte autour d'Amman, ces gens originaires d'Egypte, d'Inde, du Soudan, du Pakistan et des Philippines manquent de tout, même d'eau potable. Des bagarres éclatent régulièrement lorsque les autorités distribuent vivres et boissons.

L'Egypte envoie des troupes en Arabie Saoudite.
L'Egypte décide à son tour d'envoyer 15.000 hommes en Arabie Saoudite, en plus des 5.000 déjà sur place. Un pont aérien acheminera ces hommes, tandis que le matériel est déjà en route par voie maritime. Selon certaines sources, de petits contingents égyptiens se trouvent également à Bahreïn et au Qatar. Le président Hosni Moubarak a affirmé que son pays participerait "autant que possible" aux efforts internationaux.

En bref :
   

Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne l'Irak, "énergiquement" et à l'unanimité, pour "ses actes agressifs contre des locaux et du personnel diplomatique au Koweït". La résolution 667 demande également la libération de tous les étrangers retenus en Irak.

Le Pakistan annonce l'envoi très prochainement de 3.000 soldats de plus en Arabie Saoudite, qui s'ajouteront aux 2.000 hommes déjà présents sur le terrain depuis le début du mois de septembre.

Les exportations de pétrole saoudien sont tombées à 5 millions de barils par jour au cours de la seconde semaine de septembre.

En réponse à l'agression contre ses locaux diplomatiques, la France expulse 41 ressortissants irakiens, dont une douzaine de militaires stagiaires de l'armée de l'air, et 11 des 29 membres du personnel de l'ambassade irakienne, dont l'attaché militaire et ses adjoints.

Une délégation iranienne, conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, arrive dimanche à Bagdad. Elle vient, selon son chef, "assurer le suivi" des entretiens que Tarek Aziz a eus les 8 et 9 septembre dans la capitale iranienne.

A Koweït-City, l'ambassade de Tunisie est envahie par les troupes irakiennes.

Ils ont dit :
   

Saddam Hussein, président de l'Irak : "Je suis surpris de la position du gouvernement de M. Mitterrand et de son attitude hostile envers l'Irak. Paris se laisse influencer par les campagnes des médias sionistes."
Pierre Bérégovoy, ministre français des Finances, plaide en faveur d’une compréhension de la "cohérence" de son budget d’austérité, en développant la thèse d’un budget "anti-choc rendu nécessaire par la crise du Golfe" (Grand jury RTL - Le Monde).

 

 

Chronologie des événements - septembre 1990

Alors que l'ONU tente des médiations à Bagdad, l'Irak libère plusieurs centaines d'otages.
Partout dans le monde, l'opposition à Saddam Hussein grandit. L'URSS soutient les Américains et manoeuvre pour la paix.

USA et URSS s'unissent contre l'Irak. Les pays du Golfe mettent la main à la poche, la France lance l'opération Busiris aux Emirats Arabes Unis et le Sénégal se joint à la coalition internationale.
Pour contrer la coalition, l'Irak se trouve un allié : l'Iran.
A Koweït-City, l'armée irakienne pille les ambassades de France, du Canada, des Pays-Bas et de Belgique.En réponse, la France lance l'opération Daguet et le Canada envoie des avions de guerre en Arabie Saoudite...

Au Koweït, les ambassades ferment les unes après les autres. Les Koweïtiens franchissent par milliers la frontière koweïto-saoudienne réouverte.
Venus d'Egypte, d'Italie ou d'Argentine, les soldats débarquent par centaines en Arabie Saoudite.

Les hommes de Daguet partent pour le Golfe devant des dizaines de journalistes. De son côté, le Clem atteint les eaux saoudiennes.
Devant les Nations Unies, Mitterrand prêche la paix. L'Irak est satisfait, pas les Etats-Unis... Après maintes tergiversations, l'URSS renonce finalement à envoyer des troupes dans le Golfe.
Désormais, le baril de pétrole s'échange à 41 $ à la bourse de Tokyo. Un record !

 

Galerie de photos
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En vidéo


Réouverture des frontières koweïtiennes (24 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 16 septembre 1990


La crise du Golfe (34 minutes)
WXII-TV - Télévision américaine (extrait en anglais) - 16 septembre 1990


Expulsion des diplomates irakiens (16 minutes)
Antenne 2 - Journal de la nuit - 16 septembre 1990


Expulsion des diplomates irakiens (8 minutes)
La Cinq - Journal de la nuit - 16 septembre 1990


George Bush s'adresse aux Irakiens (9 minutes)
Télévision irakienne (extrait en anglais) - 16 septembre 1990