samedi 2 février 1991

L'aviation alliée effectue 2.600 sorties. Selon les Alliés, 3 avions de la coalition (12 avions et missiles alliés selon les Irakiens) sont abattus.

 

Enquête sur la mort de GI's à Khafji.
Une polémique inquiète les responsables militaires américains. Lors de la bataille de Khafji, 12 Américains sont morts, dont 7 dans un seul véhicule. Quelle est la cause de leur mort? 3 possibilités divisent l'état-major américain : le blindé a-t-il sauté sur une mine? A-t-il été touché par un obus de l'artillerie irakienne? Ou pire : a-t-il été pris pour cible par un avion allié? Une enquête est ouverte...

Solidarité de la France pour Daguet.
Il y a quelques jours, l'état-major du dispositif Daguet invitait les Français à écrire aux militaires stationnés dans le Golfe, pour leur remonter le moral. Depuis, des milliers de courriers et de colis leur arrivent de France chaque jour, avec cette adresse : "Aux soldats français dans le Golfe. Secteur postal 85782. Arabie Saoudite". Des écoles entières se sont mobilisées, des boîtes de chocolats arrivent par centaines, et une station des Hautes-Alpes a même invité 20 soldats aux sports d'hiver. L'état-major ne s'attendait vraiment pas à un tel élan de solidarité...

Les compagnies aériennes vivent une situation catastrophique.
Air France a considérablement réduit ses vols pour le Proche-Orient et ne dessert plus, aujourd'hui, qu'Istanbul avec irrégularité, et Le Caire une fois par jour. Quant à British Airways, la situation est pire : la compagnie a divisé par 2 ses vols de Concorde vers New York, et propose aujourd'hui à ceux de ses 50.000 employés qui le souhaiteraient de prendre dès maintenant un mois de congé sans solde.

Les Irakiens d'Amérique sont menacés.
A Détroit, capitale américaine de l'automobile, ils sont 50.000 Irakiens, catholiques chaldéens pour la plupart. Après avoir fui l'Irak, où ils se sentaient traités en parias par les Musulmans ( 90% de la population d'Irak) et par Saddam Hussein, ils se sont réfugiés aux USA pour trouver un travail plus sûr, au milieu de la plus grande colonie arabo-américaine (300.000 individus). Ces petits commerçants (ils possèdent environ 2.000 épiceries) sont devenus les victimes de la colère des Américains en guerre contre l'Irak. Juste avant le déclenchement du conflit, 2 hommes en treillis ont ouvert le feu sur un épicier chaldéen, sans toutefois l'atteindre. La police de Détroit a découvert un dépôt d'explosifs : des adolescents avaient projeté de faire exploser les épiceries arabes de la ville. Depuis, des Chaldéens ont préféré camouflé leurs enseignes et les devantures de leurs magasins, tandis que leurs ventes connaissaient une baisse allant, pour certains, jusqu'à 20%. Depuis le 18 janvier, l'état d'urgence a été décrété dans la ville, accentuant la tension. Pour les Chaldéens, le conflit du Golfe est avant tout une guerre fratricide. Ils ont presque tous des parents de part et d'autre de la ligne de feu, cousins combattant pour Saddam Hussein, contre frères ou beaux-frères engagés sous la bannière étoilée. Cornélien !

En bref :
   

Un B-52 américain n'est pas rentré à sa base de Diego Garcia. Il s'est abîmé en mer après une mission de nuit en Irak. 3 des 6 occupants de l'appareil sont récupérés sains et saufs.

La Corée du Sud accorde aux Alliés une aide de 280 millions de dollars supplémentaires, ce qui porte à 500 millions de dollars sa contribution à l'effort de guerre.

La radio militaire irakienne accuse les Alliés de profaner les lieux saints en Arabie Saoudite et de violer les Musulmanes.

Nouvelle bavure américaine : l'aviation américaine a détruit un radar mobile... américain. Les Irakiens diposent en fait du même type de radars que ceux servant dans l'US Army. Les 2 servants américains s'en sont tirés avec de légères blessures.

Nouveaux tirs de missiles SCUD sur Israël. Le premier est intercepté par un missile Patriot américain, le second s'écrase en Cisjordanie sans faire de victime.

Le ministre de la Justice allemand demande la mise en place d'une réforme constitutionnelle pour permettre la mobilisation de troupes allemandes dans le cadre de missions de l'ONU.

George Bush appelle tous les Américains à prier pour soutenir les Boys qui sont au front. Son appel est largement entendu.

Pour la première fois, l'aviation française lance 3 raids simultanés, dont 2 sur l'Irak.

Ils ont dit :
   

Le Parti socialiste français "réaffirme son soutien aux choix" du président Mitterrand dans la guerre contre l'Irak.
Le pape Jean-Paul II, victime d' "angoisse" face à l'implication de "populations civiles entières", demande aux belligérants d'avoir "le courage de s'en remettre, avec sincérité, au dialogue, à la collaboration, et le courage d'abandonner le chemin de la confrontation armée." (Radio-Vatican).
Saadoun Hamadi, vice-Premier ministre irakien, quitte l'Iran à l'issue d'une mission qu'il a qualifiée de "fructueuse". Peu après, le Président iranien Rafsandjani déclare qu'il a fait parvenir un message à l'Irak, dans lequel il propose des "solutions possibles au conflit".
Général Maurice Schmitt, chef d'état-major des armées françaises : "Une attaque chimique se produira, car un pays acculé comme risque de l'être l'Irak, ou plutôt un chef comme Saddam Hussein (...) emploie tous les moyens à sa disposition".
Dick Cheney, secrétaire américain à la Défense : Les capacités chimiques de l'Irak restent "formidables".

 

 

Chronologie des événements - février 1991

Les bombardements sur l'Irak s'intensifient et les alertes aux SCUD s'enchaînent en Israël et en Arabie Saoudite. Une enquête est lancée après la mort mystérieuse de GI's à Khafji. L'Iran tente des médiations entre l'Irak et les Alliés et propose une conférence de paix à Téhéran. A la demande de George Bush, Colin Powell et Dick Cheney sont en visite dans le Golfe.

Les artilleries alliées se massent le long de la frontière irakienne pour préparer l'offensive terrestre. Des polémiques éclatent en Occident après le bombardement par les Alliés d'une étrange usine de lait en poudre et d'un abri anti-aérien dans le quartier d'Amriya, à Bagdad. A Tel-Aviv, désertée par sa population, les alertes aux SCUD sont quotidiennes. Alors que tout le monde s'attend au déclenchement de l'offensive terrestre, Saddam Hussein se dit prêt à évacuer le Koweït. Sous certaines conditions...

La Turquie reçoit des renforts de l'OTAN pour faire face à une éventuelle attaque de l'Irak. Les médias français se plaignent de la censure imposée par les autorités françaises. Jamais auparavant un conflit n'avait été aussi médiatisé et censuré... L'URSS tente un plan de paix entre l'Irak et les Alliés.
Pendant que le choléra et les pénuries de nourriture font leur apparition à Bagdad, Washington adresse un ultimatum à Bagdad...

Après l'expiration de l'ultimatum, les Alliés lancent une vaste offensive terrestre. Les Américains attaquent la Garde républicaine irakienne, les Britanniques visent Bassorah et les Français prennent As-Salman. Les Saoudiens et les Koweïtiens libèrent Koweït-City. Après 4 jours de guerre, l'armée irakienne est balayée et le Koweït est libéré.

 

Gallerie de photos
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En vidéo


L'aviation française bombarde l'Irak (22 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 2 février 1991


Les soldats américains tués dans le Golfe (2 minutes)
NBC - Télévision américaine (extrait en anglais) - 2 février 1991


Tirs de missiles Tomahawk sur Bagdad (8 minutes)
ITN - Télévision britannique (extrait en anglais) - 2 février 1991


L'artillerie britannique à la frontière irakienne (2 minutes)
ITN - Télévision britannique (extrait en anglais) - 2 février 1991


L'aviation américaine (3 minutes)
ITN - Télévision britannique (extrait en anglais) - 2 février 1991