mercredi 27 février 1991
 

Certaines informations qui suivent sont invérifiables. C'est le résultat du black-out imposé aux médias (nos principales sources) par les états-majors alliés durant les premières 48 heures de l'offensive terrestre.

Toutes les heures sont données en GMT.
Heure du Québec et de Washington : GMT - 5
Heure de Londres : GMT
Heure de Paris, Berlin et Bruxelles : GMT + 1
Heure de Tel-Aviv et Le Caire : GMT + 2
Heure de Moscou, Bagdad, Riyad et Koweït-City : GMT + 3

 

4ème jour de l'offensive terrestre
La guerre minute par minute :

3h00 : Un communiqué militaire informe que les troupes irakiennes ont fini leur retrait du Koweït.

9h00 : Radio-Bagdad affirme que "l'ennemi a échoué, ses armes ont été calcinées sur les frontières du Koweït", et que les Alliés n'ont pu pénétrer dans l'émirat qu'après le retrait des troupes irakienn es.

12h00: Radio-Bagdad invite l'armée et la population "à utiliser toutes les armes contre l'ennemi envahisseur".

 

13h00: Le Quai d'Orsay annonce que Jean Bressot sera le nouvel ambassadeur de France au Koweït.

14h00 : Radio-Bagdad annonce que l'Irak est prêt à reconnaître les résolutions 660, 662 et 674 du Conseil de sécurité (retrait du Koweït, nullité de l'annexion et principe de paiments des dommages de guerre). Un cessez-le-feu décidé par les Alliés entraînerait la libération des prisonniers.

16h15 : L'Irak prêt à évacuer le Koweït avec une condition.
L'ambassadeur irakien auprès de l'ONU présente au Conseil de sécurité une lettre de son gouvernement. Les autorités irakiennes se disent prêtes à achever le retrait de ses troupes du Koweït, conformément à la résolution 660. Prêtes également à se conformer à toutes les résolutions. A une condition cependant : que le Conseil décrète un cessez-le-feu et que les hostilités s'arrêtent. Les autorités américaines avaient déjà catégoriquement rejeté une telle proposition, jugeant que l'Irak n'avait pas à poser de conditions.

22h00 : Le Conseil de sécurité se réunit de nouveau. A une écrasante majorité, ses membres rejettent la demande de Bagdad. L'Irak doit se soumettre à toutes les résolutions de l'ONU avant un quelconque cessez-le-feu. La guerre se poursuit donc...

Dure bataille opposant 250 chars américains et 200 chars irakiens près de Bassorah.

La plus grande bataille de chars depuis la Seconde Guerre Mondiale commence. 6 des 8 divisions de la Garde républicaine, les troupes d'élite de Saddam Hussein, sont regroupées dans la région de Bassorah. Ce qui représente plus de 200 chars T-72 de fabrication soviétique. Face à ces divisions, les forces américaines et britanniques, qui ont rassemblé plus de 250 chars M-1A1, qui entrent en action pour la première fois. L'objectif des Irakiens n'est pas de tomber entre les mains de la coalition, mais de faire de la bataille de chars engagée près de Bassorah une diversion pour ensuite regrouper les forces irakiennes près de la frontière iranienne. Un projet que les Alliés se sont employés à faire échouer, tout au long de la journée. "Les Irakiens sont bloqués. Ils ne peuvent pas sortir" assure un responsable militaire, tout en reconnaissant cependant que "c'était une dure bataille". La proximité de Bassorah rendait la marge de manoeuvre relativement étroite pour la coalition. Personne parmi les Alliés ne voulait tenter d'investir militairement cette ville d'un million d'habitants et de risquer des combats de rue.
Il restait alors une seule tactique mise en oeuvre en début d'après-midi au 7ème corps et à la 24ème division américains engagés dans l'affrontement : s'approcher le plus possible de la ligne des blindés irakiens et la pilonner à l'aide de canons de 155 mm et de lance-roquettes. "Il faut déraciner ces hommes" expliquait le colonel Hitt, chef de l'aviation du 7ème corps américain pour décrire la motivation des soldats de la Garde républicaine regroupés autour de Bassorah.
Tandis que certaines unités construisent des ponts de bateaux sur l'Euphrate, pour tenter de se replier à la frontière iranienne, 3 autres divisions de la Garde qui en comptait 6 avaient encore tenté de faire front à l'ensemble des troupes coalisées dans le Sud de l'Irak. Elles ont essuyé tout au long de la journée les attaques continues des troupes américaines et françaises. Les Jaguar français ont effectué 3 raids ce matin pour les bombarder, relayés ensuite par les aviations américaine et britannique. Beaucoup de renforts logistiques ont été acheminés dans cette zone de combats : la 101ème Airborne a atteint les rives de l'Euphrate, la 24ème division d'infanterie américaine s'en approche, tout comme la 6ème division de blindés française.
Toute la journée se sont succédées des déclarations officielles contradictoires. "Le ciel est couvert. Les bombes sont lâchées sans discernement" a condamné l'agence de presse iranienne IRNA qui a assuré que le retrait irakien du Koweït avait débuté avant la fin de l'ultimatum du 23 février. "Nos forces militaires et la population opposent une résistance acharnée" a ensuite affirmé un porte-parole militaire irakien qui reconnaissait pour la 1ère fois que des troupes étrangères ont prénétré le territoire irakien. Puis, peu après, le présentateur officiel de Radio-Bagdad expliquait : "Nous sommes prêts au sacrifice pour défendre chaque pouce de notre territoire. Les Irakiens ne se laisseront pas humilier et n'accepteront qu'une paix juste et honorable", et appellait "tout le peuple, hommes, femmes et enfants" à se mobiliser "pour faire face à l'ennemi". Du côté de la coalition, l'optimisme a été de rigueur toute la journée. "Il doit rester une quinzaine de divisions irakiennes encore en mesure de résister aux forces alliées, a confessé le général Schwarzkopf, qui dirige les forces coalisées. 29 des 42 divisions étaient déjà considérées comme neutralisées, 3.000 chars détruits. La défection des forces aériennes est une des raisons de l'effondrement de l'armée irakienne". L'aéroport de Nassiriyah était également le théâtre de "combats acharnés". Une partie de ce secteur est couvert par les Français de Daguet, chargés de protéger le flanc nord-ouest d'une contre-attaque irakienne. "Mais les Français ne participeront pas à la réduction de la Garde (républicaine irakienne). Nous ne voulons pas planter notre drapeau sur les rives de l'Euphrate" a précisé le général Schmitt. Dans le désert irakien, de nombreux véhicules et des dizaines de chars de l'armée irakienne, détruits ou intacts, sont abandonnés dans le désert dans la débâcle. Cette bataille est une victoire éclatante pour les Alliés, qui n'ont pas perdu un seul char !

Le coût de la reconstruction du Koweït.
Les premières estimations du coût de la reconstruction du Koweït sont impressionnantes. Après 7 mois d'occupation irakienne, 6 semaines de bombardements et 4 jours d'offensive terrestre, la facture s'éléverait entre 200 et 500 milliards de Francs (entre 30 et 80 milliards d'€), pour un territoire grand comme 2 départements français et peuplé de 2 millions d'habitants seulement. Même si les grandes multinationales américaines sont les mieux placées, de nombreuses entreprises japonaises et européennes sont candidates à la reconstruction de l'émirat dévasté. Ainsi, les groupes pétroliers américains (Exxon, Texaco) et européens (BP, Shell) sont chargés de l'extinction des puits de pétrole en feu. Et parmi les sociétés françaises en compétition, le Crédit Lyonnais vient de passer un contrat avec la première banque du Koweït pour lui fournir de nombreuses quantités de liquidité, Thomson est chargé de relancer la télévision koweïtienne et le groupe Suez doit reconstruire le réseau de distribution d'eau.

La vie sous les bombes à Bagdad.
"Des familles se nourrissent d'un peu de pain et d'un peu de thé chaque jour, explique un jeune Irakien aux journalistes de CNN toujours présents en Irak. Elles sont prêtes à continuer pour ne pas devenir les agents de l'Amérique." Mais comme dans le reste du pays, la vie est paralysée à Bagdad. La circulation est réduite, faute de carburant. Les principales denrées alimentaires sont introuvables. L'eau, le gaz et l'électricité sont coupés dans beaucoup d'endroits. La télévision et la radio n'émettent que difficilement, par intermittence. Paradoxalement, les Américains, pourtant à l'autre bout de la planète, en savent beaucoup plus sur la situation en Irak que les Irakiens eux-mêmes. Les quartiers commerçants sont déserts, beaucoup de boutiques ont fermé dès le 17 janvier, tout comme les écoles et les bureaux de poste. La capitale est bombardée chaque nuit, si bien que les habitants ont appris à vivre dans les caves et les abris, desquels beaucoup ne sortent plus. Des autorités du Croissant Rouge (dépendant du CICR) ont révélé que des milliers de personnes présentent les premiers symptômes du choléra. Beaucoup en Irak espèrent voir venir la fin de cette fichue guerre...

Dans les rues de Koweït-City.
Comme promis, ce sont les armées arabes (Egypte, Qatar, Arabie, Emirats, Oman, Bahreïn) qui sont entrées les premières dans la capitale koweïtienne. De ce fait, on aperçoit quasiment pas de soldats américains dans l'émirat, excepté devant l'ambassade des USA. Il n'y a pas eu de combats pour Koweït-City, car les soldats irakiens "sont partis comme, ils sont venus, précipitamment" raconte Anouar Alyassan, directeur adjoint du mensuel Al Arabi. "Le 25 à minuit, j'ai vu des colonnes de chars partir vers Bassorah. Au matin, il ne restait que quelques soldats vers les faubourgs". Les Américains bloquent l'accès à la ville. Dans certains endroits, on peut voir des GI's surarmés tenir en respect des soldats irakiens allongés sur le sol, mains sur la tête. Les civils n'ont pas l'autorisation, d'entrer en ville, conséquence de l'état d'alerte décrété au début de la crise. Seuls quelques journalistes peuvent s'aventurer en ville. Dans les faubourgs, une centaine de bus de transports en commun de Riyad ont traversé le désert pour embarquer des centaines de prisonniers assis sur les bords des routes. Dans le centre de Koweït-City, les grands hôtels, comme le Sheraton ou le Méridien, sont en flamme. "Ils ont tiré dessus au canon dès le début de l'offensive terrestre" explique Alyassan. Les centrales électriques de l'émirat brûlent toujours, tout comme les belles villas en bord de mer et la plupart des ministères et bâtiments officiels. A l'Hôpital central, les Irakiens ont terrorisé les médecins en torturant durant 2 semaines l'un des leurs, Hisham al-Obeidan, avant de l'exécuter. "Ils ont volé tout notre laboratoire de recherche génétique" dit un médecin égyptien, Sami Suweilan. En ville, plus aucun magasin n'est approvisionné en nourriture depuis des jours. Mais les pénuries ne se sont pas faites trop ressentir : "nous avions des stocks" explique Abdallah Jassem, vice-président de la Bourse de Koweït-City qui, comme pour prouver ses propos, invite des journalistes français à dîner.

Polémique sur le bombardement de l'autoroute Bassorah - Koweït-City
Les premières images, impressionnantes, de l'autoroute Bassorah - Koweït-City inondent les écrans de télévision du monde entier. Sur 2 km et 4 voies, l'autoroute n'est plus qu'un immense champ de ruines. L'aviation alliée a stoppé, hier, l'une des plus puissantes colonnes irakiennes en fuite. Les chars de la Tigers Brigade ont fait le reste. Des centaines de blindés, transports de troupes, camions et voitures civiles ont été déchiquetés et carbonisés. Dans les coffres des véhicules, le butin de 7 mois d'occupation du Koweït. L'attaque finale s'est produite à la tombée de la nuit : un jeu d'enfant pour les tankistes américains avec leurs équipements de vision de nuit. Ceux qui avaient échappé aux bombardement aériens ont été victimes des chars américains. L'état-major avait prévenu : toutes les unités ennemies doivent déposer les armes. Celles qui battront en retraite seront considérées comme une menace et traitées en conséquence...

Koweït : le palais de l'émir en ruines.
Ali Salim Al-Ali, neveu du cheikh Jaber, sort enfin de sa cachette où il a attendu la fin des combats durant 7 mois. Sa première destinaiton est le palais de l'émir, où il se rend en compagnie de journalistes occidentaux. C'est un spectacle de désolation qui l'attend. Des carcasses de voitures désossées, les bâtiments royaux pillés, les lambris des murs lacérés, les baies vitrées pulvérisées, des douilles de munitions jonchant le sol... Le palais de l'émir a servi de campement à une compagnie irakienne. Autour du vaste bâtiment, tout montre que la fuite des Irakiens a été précipitée. Devant l'entrée, une voiture japonaise, maladroitement peinte en kaki, semble encore attendre ses occupants : un téléviseur repose sur la banquette arrière avec 2 casques irakiens et une liasse de papiers marqués "top secret" qui décrit la mise en place de la défense aérienne. Le neveu de l'émir explique : "Les dégâts matériels, c'est rien. Mais je ne peux pas me réjouir quand 20.000 Koweïtiens ont été emmenés en Irak, dont 10.000 ces 2 dernières semaines. Ils ont été raflés à la sortie des mosquées ou dans la rue..."

Les Jordaniens toujours pro-Saddam malgré la déroute irakienne.
Les Jordaniens, majoritairement pro-irakiens, n'en reviennent pas. Jamais ils n'auraient imaginé que l'armée de leur héros s'effondrerait de cette façon. Alors, ils reportent leur hargne sur les USA. Des étudiants ont organisé des manifestations où sont exhibés des drapeaux irakiens. Les slogans, nombreux, sont brutaux : "Mort aux Américains et à leurs alliés ! " Lors d'une houleuse session parlementaire, quelques députés demandent que les liens diplomatiques avec Washington et les pays occidentaux et arabes de la coalition soient rompus. Ils reprochent au Conseil de sécurité de l'ONU de poursuivre d'autres buts que la libération du Koweït.

L'épuration des officiers irakiens serait une des causes de la débâcle.
Saddam Hussein, en ne cessant de limoger ses officiers supérieurs, aurait passablement affaibli ses forces armées et décapité ses troupes. "La chaîne de commandement est devenue totalement pyramidale, explique un diplomate occidental. Tous les ordres sont pris au sommet par Saddam Hussein et répercutés à tous les échelons qui n'ont plus aucune autonomie de décision et qui tremblent en les appliquant". C'est la guerre contre l'Iran qui a marqué le début de la vague d'épuration. Et de constater que, depuis le début de la guerre du Golfe, aucun des généraux irakiens les plus célèbres ne s'est illustré. Salah Abboud, qui dirige le 3ème corps d'armée, n'est pas répertorié parmi les officiers bien qu'il se soit illustré au cours de la guerre Iran-Irak. Ce 3ème corps, réputé regrouper les troupes les plus aguerries, était jusqu'en 1988 dirigé par Maher Abdel Rachid, héros national et beau-fils de Saddam Hussein. Il a mystérieusement disparu de la vie publique depuis 18 mois... De même, d'autres généraux ont été écartés de leurs responsabilités ou victimes d'accidents inexpliqués...

En bref :
   

L'aviation française bombarde de nouveau la Garde Tawakalma postée au sud de l'Irak, près de Bassorah. Les Jaguar français sont escortés de Mirage 2000-RDI pour cette mission baptisée Voltaire 4730. Des bombardements intensifs ont également lieu à la frontière koweïto-irakienne et à Bagdad par les aviations alliées.

L'Union Jack, le drapeau britannique, flotte de nouveau sur le toit de l'ambassade de Grande-Bretagne du Koweït, après 2 mois d'absence.

Au terme de violents combats, les Marines ont pris le contrôle de l'aéroport de Koweït-City, situé à l'extrémité de la capitale. 4 jours après le début de l'offensive terrestre, les combats se sont déplacés. C'est désormais dans le sud de l'Irak que tout se joue.

Le bon déroulement de l'offensive terrestre profite à la bourse de paris, qui s'achève aujourd'hui sur une hausse de 1,09%.

 

Ils ont dit :
 
Ils ont dit :

Pierre Dabezies, président de la Fondation française pour les études de défense nationale : "On diabolise (Saddam Hussein). Il est très possible qu'on ait exagéré les capacités militaires de Saddam Hussein, qu'il n'ait jamais engagé un demi million d'hommes dans cette guerre (...). Alors, l'opinion publique se serait fait complétement manipuler".
 Dick Cheney, secrétaire américain à la Défense : "La libération du Koweït ne suffit pas. Il faut aussi éliminer la menace militaire irakienne." Pour lui, les troupes d'élite de Saddam Hussein doivent être laminées avant la cessation des hostilités.
Général Michel Roquejoffre, commandant des forces françaises en Arabie Saoudite : "La manoeuvre d'ensemble s'est déroulée à un rythme plus rapide que prévu".
 Un capitaine américain : "Les Irakiens sont tombés dans le piège. Ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment".
"Pratiquement libéré". C'est l'expression utilisée par le Pentagone pour qualifier la situation de l'émirat. Selon l'état-major américain, seules "quelques poches de résistance" subsistent dans Koweït-City.

 

Jacques Chirac, maire de Paris, aurait dit en privé il y a 15 jours à Arras : "Finalement, Saddam Hussein est un enfant. A sa place, invasion pour invasion, ce n'est pas le Koweït que j'aurais choisi, c'est l'Arabie Saoudite que j'aurais envahie. Puis j'aurais donné des terres aux Palestiniens, et je serais devenu le héros du Moyen-Orient pour toute ma vie" (Hebdomadaire français Le Canard enchaîné).
12h00 : Lors du Conseil des ministres, François Mitterrand confirme que le cessez-le-feu ne pourra intervenir que quand l'Irak aura préalablement accepté d'appliquer l'ensemble des 12 résolutions de l'ONU.
15h00 : L'agence de presse soviétique Tass considère qu'un règlement politique doit intervenir. La libération du Koweït ne justifie plus l'action militaire.
16h00 : La Maison Blanche estime que "l'accord de Bagdad sur quelques résolutions ne justifie pas de changement d'attitude. Il ne peut y avoir de préalable et toutes les conditions doivent être remplies."
19h30 : Général Norman Schwarzkopf : "La mère des batailles s'est transformée en mère des retraites". Plus de 3.000 chars irakiens ont été détruits sur un total estimé à 4.200. Les Alliés auraient mis hors de combat 29 divisions irakiennes sur 42.

 

L'avancée des Rats du Désert britanniques

Une avancée trop rapide
Les soldats britanniques sont débordés avec leurs prisonniers : plus d'un millier, qu'il a fallu interroger, fouiller et surveiller sur la position Lead. Parmi eux, de nombreux généraux et commandants de bataillons irakiens, mais aussi un commissaire spécial du parti Baas au pouvoir en Irak. Il était chargé d'exécuter les soldats qui menaçaient de déserter.
En pleine nuit, sur un front large de 10 km, la 7ème brigade blindée du général Patrick Cordingley s'est remise en marche. Direction plein est : le Koweït. la frontière est à moins de 20 km. Devant, les renseignements des Alliés indiquent la présence de ce qui doit rester de 3 compagnies irakiennes en retraite. Elles seraient juste avant le Wadi al-Batin, qui sépare l'Irak du Koweït.
12h00 - Le Wadi est atteint. Aucune trace des Irakiens, si ce n'est quelques prisonniers de plus. Le passage d'un grand fossé naturel se déroule sans problème.
13h00 - La radio des Alliés signale une source de chaleur à 5 km. Ce sont 2 véhicules britanniques en feu. Les occupants sont saufs. Ils s'étaient éloignés pour satisfaire des besoins naturels quand leurs Spartan ont été attaqués...

Manque de coordination entre les Alliés
Désormais, les Britanniques ne craignent qu'une chose : être de nouveau pris pour cible par l'US Air Force ! Les plans de l'état-major avaient tout prévu, sauf une avance aussi rapide à travers les meilleures réserves de l'armée irakienne. Seulement 3 jours au lieu des 10 prévus initialement !
Maintenant, les Britanniques foncent plein est vers des positions tenues par les colonnes de la 1ère division blindée américaine. La 4ème brigade est regroupée à l'est du Wadi al-Batin. Elle attend, car les derniers ordres sont contradictoires. Le 7ème corps US vient d'envoyer deux messages contradictoires :

> Attaquer les colonnes irakiennes qui quittent Koweït-City, donc direction nord-est.

Quelques minutes plus tard :

> Nettoyer ce qui reste comme poches ennemies dans le Wadi al-Batin, direction ouest.

Ils ignorent en fait que cette zone est déjà contrôlée. La 7ème brigade y fait circuler depuis quelques heures tout son échelon logistique. Devant, elle a atteint Varsity où elle a installé son QG. Cet arrêt va aussi permettre aux hommes de se reposer pour la première fois depuis 3 jours.


Premières impressions du Général Schwarzkopf

Les premières impressions de Schwarzkopf sur la guerre des Cent Heures
Lors de sa conférence de presse à la fin de la journée, alors que le cessez-le-feu n'est pas encore ordonné, le général américain Norman Schwarzkopf, qui a commandé la coalition internationale, donne ses premières impressions sur le conflit.

Tempête du Désert
Au désormais célèbre hôtel Hyatt de Riyad, le général Schwarzkopf est sorti de sa réserve pour exprimer sa satisfaction devant le déroulement de l'opération Tempête du désert. "L'opération était absolument superbe, un modèle du genre qui sera étudié pendant des années !" Le commandant en chef américain a affirmé que si les intentions des forces alliées avaient été de "prendre l'Irak et de détruire puis dominer le pays", ils auraient pu le faire sans rencontrer d'opposition.

La ruse des Alliés
Le grand débarquement sur les côtes du Koweït n'a pas eu lieu. Mais l'état-major irakien y aura cru. Tout comme la presse, que le général Schwarzkopf a laissée largement évoquer l'imminence d'une attaque par mer. "Les 1ère et 2ème divisions de Marines ont attiré l'attention par des manœuvres amphibies. Au début de l'offensive, des tirs effectués par la marine ont complété l'intoxication. Résultat : les unités irakiennes sont restées fixées à l'est."

Saddam Hussein
"Ce n'est ni un stratège, ni un homme versé dans les arts de la guerre, ni un tacticien, ni un général, ni un bon soldat. Mais à part ça, c'est un grand militaire !" Le vainqueur du Golfe ironise sur les qualités du président irakien. Un chef de guerre qui n'a déjoué aucune des deux ruses imaginées par les Alliés : la fausse menace de débarquement et le basculement des forces vers l'ouest pour prendre à revers les troupes irakiennes.

Le rôle de l'armée française
Le général a tout particulièrement rendu hommage aux troupes françaises, qui ont agi sous leur propre commandement. "Elles ont atteint tous leurs objectifs. Un superbe boulot !" Il a expliqué que la mission des Français était de protéger le flanc gauche du dispositif et de servir d'écran :"Ils continuent d'accomplir cette mission et le font extraordinairement bien. Ils n'ont pas cessé le combat." De la bouche de l'homme qui a dirigé la plus puissante armée du monde, ce compliment a fait beaucoup plaisir...

Chronologie des événements - février 1991

Les bombardements sur l'Irak s'intensifient et les alertes aux SCUD s'enchaînent en Israël et en Arabie Saoudite. Une enquête est lancée après la mort mystérieuse de GI's à Khafji. L'Iran tente des médiations entre l'Irak et les Alliés et propose une conférence de paix à Téhéran. A la demande de George Bush, Colin Powell et Dick Cheney sont en visite dans le Golfe.

Les artilleries alliées se massent le long de la frontière irakienne pour préparer l'offensive terrestre. Des polémiques éclatent en Occident après le bombardement par les Alliés d'une étrange usine de lait en poudre et d'un abri anti-aérien dans le quartier d'Amriya, à Bagdad. A Tel-Aviv, désertée par sa population, les alertes aux SCUD sont quotidiennes. Alors que tout le monde s'attend au déclenchement de l'offensive terrestre, Saddam Hussein se dit prêt à évacuer le Koweït. Sous certaines conditions...

La Turquie reçoit des renforts de l'OTAN pour faire face à une éventuelle attaque de l'Irak. Les médias français se plaignent de la censure imposée par les autorités françaises. Jamais auparavant un conflit n'avait été aussi médiatisé et censuré... L'URSS tente un plan de paix entre l'Irak et les Alliés.
Pendant que le choléra et les pénuries de nourriture font leur apparition à Bagdad, Washington adresse un ultimatum à Bagdad...

Après l'expiration de l'ultimatum, les Alliés lancent une vaste offensive terrestre. Les Américains attaquent la Garde républicaine irakienne, les Britanniques visent Bassorah et les Français prennent As-Salman. Les Saoudiens et les Koweïtiens libèrent Koweït-City. Après 4 jours de guerre, l'armée irakienne est balayée et le Koweït est libéré.

 

Gallerie de photos
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En vidéo


L'offensive terrestre (37 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 27 février 1991


Edition spéciale en direct de Koweït-City : L'offensive terrestre (1 h 21)
CBS - Télévision américaine (extrait en anglais) - 27 février 1991


Koweït-City libérée (3 minutes)
TVE 1 - Télévision espagnole (extrait en espagnol) - 27 février 1991


Edition spéciale : La fin de la guerre du Golfe (6 minutes)
RTP1 - Télévision portugaise (extrait en portugais) - 27 février 1991


Conférence de presse du général N. Schwarzkopf (10 minutes)
ABC - Télévision américaine (extrait 1 en anglais) - 27 février 1991


Conférence de presse du général N. Schwarzkopf (10 minutes)
ABC - Télévision américaine (extrait 2 en anglais) - 27 février 1991


42ème jour de guerre (29 minutes)
Antenne 2 - Journal de 20h - 27 février 1991


Edition spéciale: Tom Brokaw en direct de Koweït-City
Libération du Koweït (10 minutes)
NBC - Télévision américaine (extrait en anglais) - 27 février 1991


Bagdad sous les bombes (5 minutes)
NBC - Télévision américaine (extrait en anglais) - 27 février 1991


Sur la route de Koweït-City (8 minutes)
BBC - Télévision britannique (extrait en anglais) - 27 février 1991


La libération du Koweït (4 minutes)
BBC - Télévision britannique (extrait en anglais) - 27 février 1991


Les sites archéologiques irakiens (4 minutes)
NBC - Télévision américaine (extrait en anglais) - 27 février 1991


L'autoroute de la mort (37 minutes)
Vidéo amateur - 27 février 1991