mercredi 20 février 1991

L'aviation alliée effectue 2.900 sorties. Un GI est tué lors d'affrontements à la frontière irakienne. Deux A-10 Thunderbolt et un F-16 américains sont abattus. L'US Air Force déclare avoir détruit 28 chars, 26 véhicules militaires et 3 pièces d'artillerie irakiens au Koweït. 700 soldats irakiens se rendent aux Alliés.



Et depuis le début des hostilités :
- L'aviation alliée a effectué 83.000 missions.
- Selon les Alliés, 37 soldats de la coalition ont été tués et 51 sont portés disparus.
- L'Irak a lancé 68 SCUD sur Israël et l'Arabie Saoudite.
- Les Alliés ont fait plus de 2.000 prisonniers de guerre irakiens.

 

Scepticisme américain sur l'utilité des bombardements.
40 Lockheed F-117 Nighthawk, les bombardiers dits "invisibles", se sont relayés aujourd'hui pour atteindre une seule cible dans les faubourgs de la capitale irakienne. C'est l'exemple que l'on site au Pentagone pour expliquer la rationalité du bombardement allié auquel l'Irak est soumise. La précision "chirurgicale" implique de s'y reprendre à plusieurs fois. Les responsables de l'US Air Force s'efforcent ainsi de désarmer le scepticisme exprimé de plus en plus ouvertement, notamment par certains responsables du Congrès américain, surpris de constater un décalage important entre le nombre de sorties aériennes et l'efficacité des destructions annoncées par l'état-major allié. En réalité, la pression des forces de la coalition n'a jamais été aussi forte contre l'armée irakienne, et certains dirigeants alliés prédisent la capitulation prochaine. A commencer par le général Schwarzkopf. Le commandant en chef de l'opération Tempête du Désert prévoit en effet "l'effondrement" des forces de Saddam Hussein, mais d'autres sont assez sceptiques. D'ailleurs, "l'Ours" n'a-t-il pas pour tâche de donner à tous un moral de vainqueur avant l'assaut ?

Daguet se prépare à l'offensive terrestre.
L'armée française dans le Golfe se prépare elle aussi à l'offensive terrestre. Des renforts militaires français arrivent au port saoudien de Yanbu. Les marsouins du 2ème Régiment d'Infanterie de Marine équipés de leurs véhicules blindés devront rapidement traverser tout le désert saoudien pour rejoindre le front. En attendant leur arrivée, les artilleurs du 11ème RAMa s'entraînent sans relâche. Venus de Bretagne, ils utilisent leurs canons de 155 mm et des nouveaux missiles sol-air à courte portée. La division manoeuvre en son ensemble à l'Ouest du Koweït sous le contrôle opérationnel du 18ème corps d'armée américain dont certains détachements ont été placés, il y a quelques jours, sous commandement français.

L'île paradisiaque de Faylakah bombardée sans relâche.
Faylakah est une petite île à moins de 100 km au large de Koweït-City. Un paradis terrestre pour milliardaires qui abrite de grandes maisons luxueuses. Mais "il ne reste plus grand chose là-bas" confie ironiquement le capitaine Stephenson de l'US Air Force. Cette dernière s'est en effet acharnée sur cet îlot, qui abrite une base navale irakienne, avec ces Hercules C-130 transportant des bombes de 7 tonnes. Alors que beaucoup s'interrogent sur l'utilité de bombarder des résidences secondaires pour riches émirs, il semblerait que les Américains s'activent à préparer le terrain pour un débarquement allié sur les plages du Koweït.

Polémique sur le manque de préparation militaire d'Israël.
Une polémique éclate au grand jour en Israël. La presse n'hésite plus à critiquer dans ses colonnes le manque de préparation de l'Etat hébreu face aux attaques irakiennes. Les services secrets israéliens auraient-ils sous-estimé la puissance militaire irakienne? Moshe Arens, ministre de la Défense, l'a expliqué devant la Knesset (Parlement israélien) : les 3 grandes institutions du renseignement israélien, l'Aman (le service de l'armée), le Mossad (chargé de l'étranger) et le Shin Bet (service de sécurité intérieure), vont devoir faire face à un "examen de conscience" à l'issue du conflit. Le député Moshe Shahal estimait que les services secrets évitaient de donner des renseignements précis pour échapper à une commission d'enquête. Yithzak Rabin, ancien ministre de la Défense, a pourtant confié qu'il était fier de ce qu'il avait fait au sujet de l'Irak lorsqu'il était aux commandes de TSAHAL.

L'US Army capture 500 soldats irakiens.
Durant une opération en profondeur visant à détruire un réseau de 14 bunkers, des forces aéroportées américaines font plus de 500 prisonniers irakiens. Comme à l'accoutumée, après que les forces égyptiennes, koweïtiennes et syriennes ont pilonné avec leur artillerie les positions irakiennes du Koweït depuis la frontière, les hélicoptères Apache de la 101ème Airborne américaine ont déposé leurs commandos héliportés pour constater l'étendue des dommages. Les soldats américains ont ainsi eu la surprise de voir plusieurs centaines d'Irakiens, appartenant à une division de l'infanterie irakienne, désireux de se rendre. Epuisés, affamés et assoiffés, ils ont aussitôt été faits prisonniers pour être conduits en Arabie Saoudite, grâce aux hélicoptères de transports de troupes Chinook de la coalition. Il s'agit de la plus grosse défection irakienne depuis le début des hostilités.

En bref :
   

La police israélienne disperse une manifestations rassemblant des Palestiniens qui exigeaient que soit établi un lien entre la question des Territoires occupés et la situation dans le Golfe.

Pour la première depuis la révolution islamique de 1979, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akhbar Velayati, est reçu par les autorités françaises.

L'armée française interdit aux femmes journalistes présentes en Arabie Saoudite d'aller sur le front, pour ne pas froisser les autorités saoudiennes.

Devant le Parlement européen de Strasbourg, l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing plaide pour la création d'une Agence européenne des armements.

Le gouvernement canadien annonce un renforcement de ses activités militaires dans le Golfe, notamment le lancement d'attaques air-sol au Koweït.

Le gouvernement italien approuve le plan de paix proposé par les Soviétiques. Mais il reste isolé.

Ils ont dit :
 
Attentats :

Ahmed Ben Bella, ancien président de l'Algérie révèle avoir "personnellement assisté à des négociations secrètes franco-irakiennes à Genève" entre Edgard Pisani, conseiller de François Mitterrand, et Barzan Takriti, demi-frère de Saddam Hussein.
James Baker, secrétaire d'Etat américain : "D'une façon ou d'ine autre; l'Irak va quitter le Koweït, et vite !"
Pierre Bérégovoy, ministre français des Finances : Il est "prématuré de parler d'un impôt ou d'un emprunt pour financer la guerre du Golfe".
Le FLN, parti au pouvoir, demande aux Algériens de s'abstenir d'accomplir le pélerinage de La Mecque, en raison de "l'absence de conditions adéquates et en signe de protestation contre la profanation de la presqu'île arabique et des lieux saints de l'islam."

 

Iran : A Téhéran, les ambassades de Grande-Bretagne, d'Italie et de Turquie sont les cibles d'attentats à la grenade, revendiqués par une organisation inconnue qui dit soutenir Bagdad. Les dégâts sont mineurs.

 

Chronologie des événements - février 1991

Les bombardements sur l'Irak s'intensifient et les alertes aux SCUD s'enchaînent en Israël et en Arabie Saoudite. Une enquête est lancée après la mort mystérieuse de GI's à Khafji. L'Iran tente des médiations entre l'Irak et les Alliés et propose une conférence de paix à Téhéran. A la demande de George Bush, Colin Powell et Dick Cheney sont en visite dans le Golfe.

Les artilleries alliées se massent le long de la frontière irakienne pour préparer l'offensive terrestre. Des polémiques éclatent en Occident après le bombardement par les Alliés d'une étrange usine de lait en poudre et d'un abri anti-aérien dans le quartier d'Amriya, à Bagdad. A Tel-Aviv, désertée par sa population, les alertes aux SCUD sont quotidiennes. Alors que tout le monde s'attend au déclenchement de l'offensive terrestre, Saddam Hussein se dit prêt à évacuer le Koweït. Sous certaines conditions...

La Turquie reçoit des renforts de l'OTAN pour faire face à une éventuelle attaque de l'Irak. Les médias français se plaignent de la censure imposée par les autorités françaises. Jamais auparavant un conflit n'avait été aussi médiatisé et censuré... L'URSS tente un plan de paix entre l'Irak et les Alliés.
Pendant que le choléra et les pénuries de nourriture font leur apparition à Bagdad, Washington adresse un ultimatum à Bagdad...

Après l'expiration de l'ultimatum, les Alliés lancent une vaste offensive terrestre. Les Américains attaquent la Garde républicaine irakienne, les Britanniques visent Bassorah et les Français prennent As-Salman. Les Saoudiens et les Koweïtiens libèrent Koweït-City. Après 4 jours de guerre, l'armée irakienne est balayée et le Koweït est libéré.

 

Galerie de photos
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En vidéo


L'Irak ne répond pas au plan de paix soviétique (25 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 20 février 1991


L'aviation néo-zélandaise (4 minutes)
BBC - Télévision britannique (extrait en anglais) - 20 février 1991


Edition spéciale : Tom Brokaw en direct de Dharhan (5 minutes)
Les préparatifs de l'offensive terrestre
NBC - Télévision américaine (extrait en anglais) - 20 février 1991