samedi 16 février 1991

L'aviation alliée effectue 2.600 sorties. 2 avions d'attaque A-10 et un bombardier F-16 américains, ainsi qu'un Tornado britannique sont abattus. Les pilotes sont tués ou portés disparus. Un navire irakien est coulé.

Et depuis le début des hostilités :
- L'aviation alliée a effectué 75.000 missions
- 51 soldats alliés sont portés disparus et 44 sont morts au combat (22 Américains, 18 Saoudiens et 4 Britanniques)
- Selon Bagdad, 108 avions alliés ont été abattus et 53 soldats alliés tués
- Selon les Alliés, 135 avions et 6 hélicoptères irakiens ont été abattus, et 73 navires irakiens ont été coulés
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La question du Golfe déchire le monde intellectuel français.
Les "bellicistes" se font les champions de la guerre du droit, tandis que les "pacifistes" dénoncent une "expédition néo-coloniale". André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, dans le premier camp, accusent la dictature baasiste de Saddam Hussein. Si les revues Globe et Passages jugent la guerre inévitable, l'Autre journal est plus mesuré. Tout en attaquant le régime irakien, il s'interroge en effet sur l'unanimité qui s'exprime en faveur du Koweït alors que les droits des palestiniens sont bafoués depuis des années. Dans la 2nde catégorie, les signataires de l'Appel des 75, qui réunit les personnalités du PCF et de l'extrême gauche, affirment que la poursuite de l'embargo et du blocus constituait une mesure suffisante après l'invasion du Koweït. Le directeur de l'Idiot international, Jean-Edern Hallier, s'est rendu en Irak pour y manifester sa sympathie. Le socialiste Régis Debray dénonce l'hypocrisie qui entoure la guerre, menée selon lui pour le pétrole et la défense des intérêts d'Israël. Plus radical, Gilles Perrault préconise contre la guerre des actions de sabotage ou la grève des transports.

L'OTAN protège la Turquie d'une invasion irakienne.
Des renforts de l'OTAN sont installés dans le sud-est de la Turquie. Les Pays-Bas et l'Allemagne ont envoyé des missiles anti-aériens, des équipements radar et des éléments de soutien logistique. Ainsi, des Hollandais servent les Patriot américains de la base turque de Pirinclik. La base américaine d'Incirlik a également reçu des renforts aériens et a servi de point de départ à diverses missions de bombardements au-dessus de l'Irak. Cette aide militaire réclamée par la Turquie fait suite aux menaces irakiennes d'invasion. Même si ces menaces sont exagérées par Ankara, les Alliés ont souhaité donné un signe de reconnaissance fort à la Turquie qui soutient fermement les Alliés depuis le début de la crise, et ce, malgré son opinion publique pro-irakienne.

La prudence de la Chine.
La Chine, contrairement aux Saoudiens, considère comme un "pas positif" les dernières propositions de Bagdad. Pékin, qui s'est abstenu de voter la résolution autorisant le recours à la force contre l'Irak, souhaite en effet montrer sa différence, sans pour autant se couper de l'Occident (le massacre de Tian'anmen étant dans toutes les mémoires). Il n'en va pas de même pour la presse chinoise, qui se montre très hostile à l'encontre des Alliés et plus particulièrement à "l'hégémonie" que les USA tentent d'établir à leur profit à la facveur de la fin de la Guerre froide.

Manifestations contre la guerre.
Plusieurs milliers de personnes défilent contre la guerre du Golfe à San Francisco. Les manifestants réclament "des brocolis, pas des bombes", faisant ainsi allusion à un légume que déteste particulièrement George Bush. Les défilés rassemblent toutes les classes sociales de la ville, essentiellement des étudiants, des écologistes, les minorités noire, hispanique et homosexuelle (qui craint que le coût exorbitant de la guerre ne provoque une diminution des dépenses consacrées à la recherche contre le sida).noles réclament l'arrêt des hostilités dans le Golfe.

En bref :
   

Le commandement des forces américaines engagées dans le Golfe confirme l'utilisation de bombes à effet de souffle. Ces bombes seraient destinées à détruire les champs de mines à la frontières du Koweït.

Mikhaïl Gorbatchev demande aux Alliés de ne pas lancer l'offensive terrestre avant la fin de ses entretiens avec le ministre irakien des Affaires étrangères, actuellement à Moscou.

Dans la soirée, un missile SCUD irakien tombe dans la mer, à 100 mètres d'un quai du vaste complexe aéroportuaire d'Al Jubayl, à l'est de l'Arabie Saoudite. Malgré la présence de plusieurs navires ravitailleurs, de stocks de munitions et de centaines de soldats, il n'y a aucune victime et aucun dégât.

Radio-Bagdad annonce à ses concitoyens que l'Irak est prêt pour la confrontation terrestre et dispose d'une réelle supériorité sur ses ennemis. Les médias irakiens appellent également la population de leur pays à une défense acharnée contre les USA , et les masses musulmanes à travers le monde à s'engager au côté de l'Irak dans une guerre sainte.

Le Danemark décide d'octroyer 90 millions de francs (14 millions d’€) à la Grande-Bretagne pour l'aider dans son effort de guerre.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, l'Irak lance 2 SCUD vers le sud d'Israël, sans faire de victimes ni de dégâts. Selon Bagdad, la cible viée était la centrale nucléaire de Dimona, dans le désert du Neguev.

Le gouvernement nord-coréen, qui apporte un soutien sans condition à Saddam Hussein, critique vertement la guerre menée par les USA. La crise du Golfe fournit à Kim Il-Jung, le président nord-coréen, une nouvelle occasion de dénoncer la présence de près de 40.000 GI's en Corée du Sud.

L'Arabie Saoudite rejette la proposition irakienne d'un retrait conditionnel du Koweït et décide de poursuivre la guerre.

Ils ont dit :
 
Attentats :

Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la France : "Les propositions de paix faites par Saddam Hussein constituent le premier craquement de la forteresse irakienne".
Mgr Michel Dubost, évêque aux armées françaises : Il y a "des paix plus dangereuses que des guerres".

 

Turquie : 3 personnes sont arrêtées après avoir provoqué le déraillement d'un train transportant du matériel militaire dans la région de Malatya, où sont stationnées les forces turques et atlantiques positionnées face à l'Irak. Un adjoint du chef de train a été tué. Depuis le début du conflit, la Turquie est le pays où les attentats anti-i-occidentaux ont été les plus nombreux.
Chili : Un attentat, revendiqué par le Front Patriotique Manuel Rodriguez, est commis à la roquette contre la résidence des Marines qui assurent la garde de l'ambassade américaine à Santiago. L'un des gardes a été légèrement blessé. Le groupe terroriste annonce d'autres actions "anti-impérialistes" contre les intérêts américains.

 

Chronologie des événements - février 1991

Les bombardements sur l'Irak s'intensifient et les alertes aux SCUD s'enchaînent en Israël et en Arabie Saoudite. Une enquête est lancée après la mort mystérieuse de GI's à Khafji. L'Iran tente des médiations entre l'Irak et les Alliés et propose une conférence de paix à Téhéran. A la demande de George Bush, Colin Powell et Dick Cheney sont en visite dans le Golfe.

Les artilleries alliées se massent le long de la frontière irakienne pour préparer l'offensive terrestre. Des polémiques éclatent en Occident après le bombardement par les Alliés d'une étrange usine de lait en poudre et d'un abri anti-aérien dans le quartier d'Amriya, à Bagdad. A Tel-Aviv, désertée par sa population, les alertes aux SCUD sont quotidiennes. Alors que tout le monde s'attend au déclenchement de l'offensive terrestre, Saddam Hussein se dit prêt à évacuer le Koweït. Sous certaines conditions...

La Turquie reçoit des renforts de l'OTAN pour faire face à une éventuelle attaque de l'Irak. Les médias français se plaignent de la censure imposée par les autorités françaises. Jamais auparavant un conflit n'avait été aussi médiatisé et censuré... L'URSS tente un plan de paix entre l'Irak et les Alliés.
Pendant que le choléra et les pénuries de nourriture font leur apparition à Bagdad, Washington adresse un ultimatum à Bagdad...

Après l'expiration de l'ultimatum, les Alliés lancent une vaste offensive terrestre. Les Américains attaquent la Garde républicaine irakienne, les Britanniques visent Bassorah et les Français prennent As-Salman. Les Saoudiens et les Koweïtiens libèrent Koweït-City. Après 4 jours de guerre, l'armée irakienne est balayée et le Koweït est libéré.

 

Galerie de photos
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En vidéo


Nouvelle alerte aux SCUD en Israël (21 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 16 février 1991


Journal satirique de Les Nuls (6 minutes)
Canal+ - Les Nuls (extrait) - 16 février 1991