LA GUERRE DU GOLFE

 
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A lire aussi :

LA GUERRE:
Le journal de guerre d'un soldat Irakien
L'armement allié et irakien

LE COUT DE LA GUERRE:
Le bilan de la guerre
Les otages retenus en Irak

LA GUERRE EN OCCIDENT:
La médiatisation du conflit
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La psychose en France
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La composition de Daguet
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samedi 1er septembre


Libération d'otages occidentaux (24 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 1 septembre 1990

Réactions de la classe politique française
Antenne 2 - Journal de 20h (extrait) - 1 septembre 1990

L'entraînement des soldats français basés aux Emirats Arabes Unis.
Les 198 hommes de l'escadron de reconnaissance du 1er RHP commencent à s'entraîner aux E.A.U., dans le cadre de l'opération Busiris, avec pour objectif "l'instruction de jeunes soldats émiratis" n'ayant reçu qu'une formation de base. Cette demande fait suite à une "demande de coopération accrue" formulée par les E.A.U. après l'invasion du Koweït par l'Irak. D'après le président français Mitterrand, cette aide militaire s'effectue pour faire face à une éventuelle "agression nouvelle de l'Irak à l'égard d'un des autres pays de la région. La France, qui a dépêché ses unités dans la zone du Golfe, qui dispose d'unités militaires en Arabie Saoudite et dans les Emirats Arabes Unis, serait solidaire et interviendrait". Un message on ne peut plus clair à destination de Bagdad...

Interview de Javier Perez de Cuellar et Jacques Delors sur TF1 : les chances de paix s'amenuisent.
Javier Perez de Cuellar, secrétaire général de l'ONU, et Jacques Delors, président du Parlement européen, sont les invités de l'émission 7 sur 7 sur la télévision française TF1. Le secrétaire général indique d’entrée de jeu, à propos de ses entretiens avec Tarek Aziz, ministre des Affaires étrangères irakien : "Je ne dirai pas que ces conversations sont un échec total. Je veux croire que nous sommes au début d’un processus, au début de conversations qui pourront conduire à la paix". L’autorisation de sortie d’Irak donnée aux femmes et enfants étrangers lui paraît être "très bien mais insuffisant". Précisant : "Je ne suis pas allé négocier mais me faire entendre", Javier Perez de Cuellar ajoute : "Je pensais qu’ils (les Irakiens) avaient déjà senti la pression internationale". Selon lui, "le temps joue contre la paix et pour l’Irak".
Le secrétaire général de l’ONU demeure persuadé du bien-fondé de sa mission. "Je suis contre l’apaisement mais je suis pour la recherche d’une solution pacifique. Il faut négocier, négocier sans cesse, souligne-t-il. J’ai échoué, mais ce n’est pas pour cela que je désespère. S’ils me demandent de venir, je prends l’avion immédiatement. Le président du Parlement de la CEE se déclare pour sa part en plein accord avec la "logique de guerre" définie par François Mitterrand. Jacques Delors voit 2 issues à la crise du Golfe : "la guerre ou les résultats très durs d’un embargo". Il précise : "Nos grands parents et nos parents ont vécu avec l’angoisse de la guerre. Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de guerre en Europe que le risque n’existe plus. Ce sera une épreuve pour les démocraties. Il faut la gagner, avoir les nerfs solides." Cela est précisé au nom de "la défense du droit international".

Viols collectifs au Koweït occupé.
Selon l'ONG Amnesty International, la principale torture infligée aux femmes et à quelques jeunes hommes serait le viol. Ainsi, il y a un mois, une hôtesse de l'air britannique aurait été violée par un soldat irakien dans un autobus, devant l'hôtel Regency Palace de Koweït-City, alors qu'elle allait accompagner des passagers dans un autre hôtel. Le 3 août dernier, 3 hôtesses de l'air égyptiennes ont aussi été violées à l'hôtel Méridien. Une infirmière égyptienne affirme avoir fait hospitaliser plusieurs femmes arabes victimes de viols. Un médecin koweïtien qui travaille pour le Croissant Rouge a eu connaissance de 15 viols à l'hôpital koweïtien Al Jahra, 15 autres à Al Rigga et 3 à la maternité. Selon une gynécologue obstétricienne interrogée par l'ONG, une Jordanienne de 20 ans a été violée par 5 soldats irakiens. Et le nombre de viols recensés ne cesse de croître. Selon divers témoignages, la plupart des victimes sont des femmes asiatiques, employées de maison. Des rumeurs de viols collectifs ont ainsi poussé 20.000 d'entre elles à se réfugier à l'ambassade des Philippines de Koweït-City. "Certains étaient à l'intérieur et les autres dans 3 bâtiments inachevés à proximité (...) Elles avaient toutes peur car elles avaient entendu raconter des histoires de viol. Je ne pense pas qu'elles aient été en sécurité même à l'ambassade, car il n'y avait que 7 fonctionnaires qui y travaillaient" explique une infirmière philippine présente sur place.

En bref :
Près de 700 anciens otages français, britanniques, japonais, belges et américains peuvent quitter l'Irak. Il s'agit de femmes et d'enfants. Environ 3.000 autres pourraient partir avant le 22 septembre. Seuls les hommes sont retenus en Irak : 500 d'entre eux ont déjà été installés sur des points stratégiques.

200 personnes manifestent à Albi (France) contre l’escalade militaire dans le Golfe. C'est l’une des premières manifestations en France qui dénonce les dangers d’affrontements dans le Golfe.

Selon Margaret Thatcher, Saddam Hussein devrait être traduit devant la justice internationale, comme les Nazis au procès de Nuremberg, pour avoir pris des otages.

Le président Mitterrand reçoit en son palais de l'Elysée les chefs de tous les partis politiques français représentés au Sénat et à l'Assemblée Nationale. De Giscard à Mauroy, en passant par Chirac ou Marchais, ils lui réaffirment tous leur soutien dans la position de la France dans la crise du Golfe.

La firme américaine Coca-Cola offre 1.440.000 canettes aux GI's stationnés en Arabie Saoudite.

Ils ont dit :
Nabil Amr, ambassadeur de l'OLP en URSS : "Ce problème doit être résolu non pas sur la base de l’équilibre des forces mais sur celle de l’équilibre des intérêts de toutes les parties concernées" (Quotidien soviétique Soviestskaia Rossia).
Mikhaïl Gorbatchev, président de l'URSS : "Les Etats-Unis ont répondu à la demande de l’Arabie Saoudite. Ils ont agi conformément aux normes de la charte de l’ONU".
Michel Rocard, Premier ministre français : "J’ai le sentiment que l’opinion ne mesure pas encore pleinement la gravité des enjeux, l’importance des intérêts en cause, non plus que les responsabilités d’un pays comme le nôtre qui a les avantages d’être une puissance mais qui en a aussi les contraintes".

Sondage :
Sondage BVA - TF1 : 68% des Français croient possible un réglement négocié du conflit.

dimanche 2 septembre


Conséquences de la crise du Golfe en France (26 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 2 septembre 1990

Echec de la rencontre Aziz - de Cuellar à Amman.
"J’aurais aimé informer le Conseil (de sécurité) que de réels progrès avaient été faits. En toute honnêteté, je ne suis pas en mesure de le faire, pas plus que je ne peux anticiper les réactions du Conseil" explique ce matin de Cuellar. Les traits tirés et le regard amer du Secrétaire général de l'ONU, Javier Perez de Cuellar, en disent long sur la difficulté de la tâche que lui avait confié le Conseil de sécurité. La mission du Péruvien, qui consistait à trouver un moyen d'entente avec l'Irak, pour éviter une guerre dans le Golfe, était une gageure. A l'issue des 2 jours d'entretien qui se sont déroulés à Amman, la capitale de la Jordanie, Cuellar est sorti de sa réserve habituelle pour déclarer : "Je ne vais pas jouer au diplomate. Je le déclare franchement, je suis déçu !" Le représentant de l'ONU n'a pu arracher le moindre espoir de concession à Tarek Aziz, le chef de la diplomatie irakienne. "
Je n’ai jamais dit être venu ici pour régler le problème. Je n’étais pas venu ici avec un objectif très précis mais pour échanger des vues", a précisé Javier Perez de Cuellar, tout en se refusant de qualifier sa mission d’"échec". Les 2 hommes se sont réunis au palais Ragadan, pour tenter de trouver une issue négociée au conflit déclenché par l'invasion irakienne du Koweït. "La situation est trop explosive pour pouvoir rester en l'état", a souligné le Secrétaire général. Il a indiqué que le ministre irakien avait "particulièrement souligné les vues de son gouvernement et notamment la nécessité d’une solution arabe" à la crise. "Je lui ai répondu, a affirmé de Cuellar, que la dimension internationale du conflit devait être reconnue. La dimension des intérêts impliqués, l’importante concentration de forces dans la région et la présence en Irak et au Koweït de ressortissants de pays tiers montrent clairement que l'ONU, tout autant que les gouvernements arabes, doivent être associés dans la résolution des différentes questions", a-t-il fait remarquer. "Dans l’intérêt de tous ceux qui sont concernés, a encore dit Javier Perez de Cuellar, j’espère que les efforts pour explorer les moyens d’avancer dans la recherche d’une solution pacifique à la crise continueront." Estimant qu’il "ne fallait pas se faire d’illusions sur la gravité et les dangers" de cette crise, il a souligné : "Nous devons tous oeuvrer avec détermination et de manière urgente" à une solution pacifique. Le secrétaire général a rappelé que "le problème principal était celui de l’occupation et de l’annexion du Koweït par l’Irak". "La situation est très explosive et non seulement pour le Koweït et l’Irak" a-t-il dit, en ajoutant qu’il "était disposé à continuer ses efforts pour trouver une solution pacifique et durable". Ce dernier s'est heurté à l'intransigeance d'un des plus fidèles conseillers de Saddam Hussein. Tarek Aziz est pourtant un homme que Cuellar connaît bien, pour avoir négocié avec lui 5 ans durant, au moment où l'Irak était en guerre avec l'Iran. Pour le ministre irakien, en revanche, "ces entretiens ont été très fructueux". "Cette situation est compliquée et dramatique. (...) Elle suppose de la patience. Elle a besoin de temps pour que les gens comprennent exactement les positions en présence", a-t-il ajouté. Vendredi soir, à l’issue de son premier entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Aziz avait affirmé que l’Irak ne sera pas le premier à déclencher des hostilités généralisées dans la région et que tous les étrangers pourraient quitter son pays si l’Occident s’engageait à ne pas lancer une attaque militaire contre l’Irak. A Amman, on faisait état samedi, de l’existence d’un plan jordanien qui aurait été longuement évoqué au cours des entretiens. Ce projet qui aurait l’aval de Bagdad, permettrait notamment la libération de tous les otages et la définition d’un "statut" pour le Koweït. Des forces arabes de maintien de la paix pourraient s’interposer entre les troupes occidentales et irakiennes. L’URSS pourrait servir de médiateur dans le retrait simultané des soldats irakiens du Koweït et des forces qui leur font face en Arabie Saoudite. Cuellar est arrivé à Paris en milieu d’après-midi. Il a rencontré Roland Dumas dans la soirée et pourrait s’entretenir demain avec le roi Hussein de Jordanie également présent dans la capitale française.

Interview de Boutros Boutros-Ghali dans le Journal du Dimanche : tout dépend de l'Irak.
Une solution arabe de la crise du Golfe demeure possible, affirme le ministre égyptien des Affaires étrangères, Boutros Boutros-Ghali, dans une interview à l'hebdomadaire français Journal du dimanche. "Tout dépend de l’Irak", souligne-t-il, en exprimant l’espoir que Bagdad tiendra compte des dangers de la crise actuelle pour l’avenir de l’Irak. "Si oui, il y a des chances pour que nous puissions commencer une négociation. Nous sommes prêts. Ce qui compte c’est d’éviter la confrontation militaire", ajoute-t-il.

Libération des premiers otages occidentaux.
Les premiers otages français libérés arrivent sur l'aéroport d'Orly à bord d'un vol spécial d'Iraqi Airways. Il s'agit de 27 personnes, parmi lesquelles 17 femmes, dont des hôtesses d'Air France, et 5 enfants. Excepté Jacques Attali, PDG de la compagnie française, les officiels ont préféré ne pas les accueillir, et empêcher les journalistes d'approcher du Terminal, pour laisser seules les familles enfin réunies. Le premier ministre Michel Rocard précise que "rien n'est changé" tant que les quelque 530 Français retenus en Irak et au Koweït ne seront pas libérés. Ce vol spécial fait ensuite escale à Londres où il ramène de Bagdad 232 Britanniques ainsi que le pasteur et ancien candidat à la Maison Blanche Jesse Jackson qui affirme : "Il s'agit d'un tout petit pas". Jackson est accompagné de 44 otages américains et de 2 députés allemands.
A Amman (Jordanie), un autre appareil ramène d'Irak les derniers des 700 otages libérés, parmi lesquels 4 Français, une quinzaine d'Italiennes et leurs enfants, des Britanniques et des Américains. En Belgique aussi c'est le soulagement. Les premiers otages belges libérés arrivent dans la journée sur l'aéroport de Melsbroeck. Il s'agit de 4 femmes et de 3 enfants. Mais pour l'Irak, la libération de 700 otages est largement suffisante : Bagdad annule en effet les vols de Virgin Atlantic en provenance de Londres et d'Air France en provenance de Paris. Ces vols devaient rappatrier de nouveaux otages...

Nouvelle agression contre des otages occidentaux.
Au Koweït, un otage britannique et son épouse philippine ont été battus avant leur arrestation par des soldats irakiens. C'est ce que raconte une Britannique à Amnesty International, et qui a assisté à la scène : "Les Irakiens ont pénétré dans leur appartement alors qu'ils se cachaient dans une pièce de derrière (...). La femme a reçu des coups de pied à la poitrine et le mari a reçu des coups violents sur la tête".

En bref :
Pour faire face à la chute de la fréquentation de leurs vols, les 57 principales compagnies aériennes mondiales ont décidé d'augmenter de 5 à 8% leurs tarifs passagers. Pour le fret, la hausse sera de 7%.

Ils ont dit :
Yitzhak Shamir, Premier ministre d'Israël : "La fourniture d’armes à des pays n’entretenant pas de relations pacifiques avec nous peut modifier l’équilibre des forces et mettre parfois notre sécurité en danger", faisant allusion au projet de nouvelles ventes d’armes américaines à l’Arabie Saoudite.
Cheikh Mohamed Ben Rached Al-Maktoum, ministre de la Défense des Emirats Arabes Unis : Il faut garder "l’espoir que les efforts arabes et internationaux puissent parvenir à un règlement pacifique".
Margaret Thatcher, Premier ministre britannique : "Saddam Hussein doit être poursuivi" pour avoir pris des Occidentaux en otages (Télévision britannique BBC).

lundi 3 septembre


La crise des otages (24 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 3 septembre 1990

Interview de Roland Dumas (8 minutes)
Antenne 2 - L'Heure de vérité (extrait) - 3 septembre 1990

George Bush souhaiterait renverser Saddam Hussein.
La presse occidentale, notamment l'hebdomadaire américain Newsweek, révèle que
le président américain George Bush a donné son feu vert à une opération secrète visant à renverser Saddam Hussein. L’un des volets de l’entreprise mise sur pied par la CIA, consisterait à fournir argent et matériel à la rébellion kurde combattant depuis des années contre la dictature de Bagdad. Le tout serait acheminé par la Turquie. Ce qui ne va pas sans chagriner Ankara. Le gouvernement turc, comme celui de Bagdad, recourt sans état d’âme à la répression contre les populations kurdes. L’ "aide" américaine pourrait se révéler à double tranchant, laisse-t-on entendre du côté du Bosphore. Selon le journal britannique The Guardian, citant des officiels américains, la CIA est en train d’organiser et d’entraîner dans des bases saoudiennes, des groupes de Koweïtiens, à des actions de guérilla contre les troupes irakiennes stationnées au Koweït. La coopération américano-saoudienne dans le domaine des opérations de déstabilisation a une longue histoire, rappelle Newsweek. Riyad a versé quelque 32 millions de dollars à l’administration Reagan dans le cadre de l’aide à la Contra nicaraguayenne. Dans les années 60, la dynastie des Seoud participait à "une étrange coalition", aux côtés de la Jordanie et d’Israël, qui finançait et aidait en matériel une tentative de subversion au Yémen, organisée par les Forces spéciales britanniques. Les Saoudiens espéraient alors écarter l’influence de l’Egypte nassérienne à leurs frontières.

Discours de Yasser Arafat : la duplicité des Américains.
Yasser Arafat lance dans un discours prononcé à l’occasion du millième jour de l’Intifada, un avertissement solennel à l’opinion internationale. "Nous vivons un moment historique crucial car le devenir de la nation arabe est en danger. (...) A aucun moment de l’histoire ancienne ou contemporaine, on n’a vu une telle croisade sur le sol arabe et on n’a autant entendu de cliquetis d’armes étrangères", déclare-t-il en mettant en garde contre les conséquences de "ce déploiement considérable de forces étrangères, de flottes et d’armement de destruction". "Ceci augure d’un grand danger et peut engendrer des catastrophes dans le monde arabe et islamique et dans les pays du tiers-monde car il risque de dégénérer en guerre totale dont les conséquences n’épargneront personne", dit-il. La crise du Golfe, ajoute-t-il, a démontré "la duplicité et la tromperie" de l’attitude des USA et des pays occidentaux. "Alors que Washington a recours à l’étendard de la légalité internationale pour imposer l’embargo à l’Irak afin de servir ses intérêts et ceux d’Israël, il n’était pas si enthousiaste à appliquer cette légalité internationale quand il s’agissait de la question palestinienne. Bien au contraire, il usait de son droit de veto pour empêcher l’adoption de toute résolution condamnant d’une manière ou d’une autre Israël". "A ceux qui s’interrogent sur la position palestinienne, nous demandons où se place Israël dans cette guerre (...). Nous ne pouvons être que dans le camp hostile à Israël et à ses alliés impérialistes, qui a mobilisé toute sa machine de guerre sophistiquée non pour venir au secours de telle ou telle autre partie, mais pour protéger ses intérêts", ajoute-t-il.

Interview de Roland Dumas sur Antenne 2 : le risque de guerre.
Interrogé dans l'émission L'Heure de vérité sur la télévision française, le ministre français des Affaires étrangères déclare que "la crise du Golfe va entrer dans une 3ème phase. La 1ère phase a été celle de la réaction. La 2ème a été celle de la diplomatie (...), je n’ai pas vu d’écho en revenir. Je pense que les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour que des négociations puissent être menées utilement jusqu’à leur terme". Une analyse lourde de menaces qu’est venue pondérer (mais à peine) l’affirmation "qu’il faut laisser toutes les chances à la paix" et l’assurance que de nouvelles mesures militaires n’interviendraient que "si le Conseil de sécurité le veut".

Dans cette longue interview, Dumas se félicite du "grand déploiement diplomatique" qui se déroule depuis quelques jours dans le Golfe ainsi que de "l'attitude commune" et de "la solidarité" des pays de la CEE. Même s'il reconnaît que Perez de Cuellar a quitté Amman avec un constat d'échec (le secrétaire général de l'ONU se serait "trouvé devant un mur"), Dumas estime que "toutes les chances de paix doivent être sauvegardées et explorées". Et pour éviter la guerre, Dumas "espère" que l'embargo fera fléchir Saddam Hussein. Pour cela, il mise sur l'efficacité du blocus international : "Si l'embargo est de plus en plus étanche, explique-t-il, on a toutes les raisons de penser que son efficacité jouera". Etendre le blocus maritime au transport aérien peut être une solution, selon le ministre, qui précise toutefois que "l'embargo ne jouera pas sur le transport des médicaments et sur l'aide humanitaire d'urgence".Le ministre précise que, depuis la mise en place de l'embargo, la France a procédé à 170 contrôles de navires et à un arraisonnement. Par conséquent, il ne faut pas "sous-estimer le rôle de la France" dans la coalition anti-irakienne. Dumas insiste également sur un point : la France n'a "pas demandé une participation [financière] aux autres [pays], les Etats-Unis le font, ça les regarde".
Questionné sur le ballet diplomatique qui a lieu à Bagdad en vue de libérer les otages, Dumas regrette que les "tentatives" de Jesse Jackson et de Kurt Waldheim "visent à créer des failles" dans la solidarité internationale. Il s'agirait pour l'Irak de diviser les Occidentaux et de "gagner du temps". Réagissant aux propos de Margaret Thatcher tenus hier, Dumas rappelle que le 21 août dernier, tous les ministres des Affaires étrangères de la CEE ont accepté l'idée que "les dirigeants irakiens, à quelque niveau que ce soit", et pas seulement Saddam Hussein, doivent répondre "devant une juridiction internationale de leurs comportements personnels qui ont porté atteinte" aux otages. Pour l'heure, tout est fait pour apaiser les souffrances des ressortissants français retenus dans le Golfe. "Notre cellule de crise fonctionne 24h/24. (...) Nous avons mis en place tout un système de communications difficile", comme l'envoi de "télégrames chiffrés" ou encore l'utilisation de valises diplomatiques, "ce qui est à la limite des règles habituelles". Pour ce qui concerne les ressortissants irakiens vivant en France, aucune mesure de représailles n'est envisagée. Bien que certains soient soumis à "une attention particulière", aucun ne sera renvoyé "par charter" dans son pays d'origine.
Avouant ensuite que "le déclenchement [de la crise] a été soudain et [que] tout le monde a été surpris" par l'invasion, le ministre est interrogé sur différentes évolutions de la crise du Golfe dans la mesure où "toutes les hypothèses ont été examinées". Ainsi, si l'Irak attaque l'Arabie Saoudite, la France ripostera "sous sa propre responsabilité". "Ca fait partie de ses missions, (...) la France est là pour ça". Si les USA attaquent l'Irak, le gouvernement français ne serait pas surpris. Si les USA attaquent le Koweït, la France interviendrait "si on est dans le cadre" de l'ONU. Si l'Irak attaque Israël, "la France serait solidaire de la communauté internationale" car "l'embrasement serait tel (...) qu'il serait difficile de rester à l'écart". Enfin, si l'Irak évacue le Koweït et libère les otages, ce serait "une défaite" pour Saddam Hussein, dont le régime ne résisterait plus longtemps. En effet, "la population irakienne serait solidaire de Saddam Hussein, mais dans le fond des choses, il y a du mécontentement et beaucoup d'inquiétudes".
Rappelant que la France a toujours souhaité la tenue d'une conférence internationale sur les Territoires occupés, Dumas justifie le fait qu'il y ait 2 poids et 2 mesures. Mais "ce n'est pas parce qu'un crime est commis par l'un qu'il doit être commis par un autre" tente-t-il d'expliquer tout en confiant que "la France a une politique arabe" traditionnelle "mais aujourd'hui, la difficulté ne vient pas du côté français mais du côté du monde arabe qui est divisé".
Roland Dumas a clos cette longue discussion en excusant la forte amitié franco-irakienne et "le commerce d'armes" qui est "mondial, tout le monde en vend, tout le monde en achète".
Les derniers espoirs de la diplomatie française reposent désormais sur la rencontre USA-URSS prévue à Helsinki, lors de laquelle les 2 Grands pourraient "s'entendre sur une solution (...) de paix (...), ou de fermeté (...), le renforcement de l'embargo (...) ou des actions de force"...

En bref :
 L'ordre des avocats irakiens veut intenter un procès à George Bush pour "crimes contre les peuples qui aspirent à la liberté".

Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles dans les ambassades occidentales assiégées à Koweït-City. Ainsi, à l'ambassade des USA, les diplomates sont contraints de brûler les meubles de la chancellerie pour se chauffer et de faire bouillir l'eau de la piscine pour la boire...

Ils ont dit :
Bettino Craxi, secrétaire général du Parti socialiste italien : Il n’y a pas de risque immédiat de conflit armé dans le Golfe et il reste "beaucoup de choses à faire" dans le domaine diplomatique.
Edward Luttwak, historien et ancien conseiller du président Reagan : "Les Irakiens ont trop l'expérience de la bataille pour s'enfuir sous le feu et ils sont trop lourdement armés pour ne pas infliger avant leur éventuelle défaite de lourdes pertes à leurs adversaires, même dans des combats isolés que leur commandement ne parviendrait plus à coordonner" (Quotidien français Libération).
Georges Sarre, secrétaire d’Etat français aux Transports : Les baisses des limitations de vitesse des automobilistes sont "au stade des études", au sein d’un plan général d’économies d’énergie pour contrer la hausse des prix des carburants (Radio française Europe 1).
Guennadi Guerassimov, porte-parole du ministère soviétique des Affaires étrangères : La présence militaire US dans le Golfe "est en train d’aider Saddam Hussein à former un bloc anti-américain de tous les Arabes, et certains tendent à oublier que tout a commencé par la prise du Koweït et la violation de tous les principes du droit international". Une "intervention chirurgicale" en Irak n’est pas une bonne solution parce que "le scalpel risque de se transformer en massue et d’avoir un effet boomerang".
Roland Dumas, ministre français des Affaires étrangères : "A plusieurs reprises, nous avons fait comprendre à nos alliés américains qu'ils allaient un peu vite en besogne" (Télévision française Antenne 2).

Lu dans la presse :
Hebdomadaire américain US News and World Report : Ce conflit ferait au moins 30.000 victimes dans les rangs américains.
Quotidien français Libération : Saddam Hussein, "bien qu’il ait payé de sa personne, n’est toujours pas parvenu à hystériser les opinions occidentales".

mardi 4 septembre

Libération d'otages occidentaux (26 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 4 septembre 1990
Les otages français au Koweït (3 minutes)
Antenne 2 - Journal de 20h (extrait) - 4 septembre 1990

La Ligue Arabe divisée, son secrétaire général jette l'éponge.
Chedli Klibi a démissionné hier soir de son poste de secrétaire général de la Ligue arabe qu’il occupait depuis 11 ans. Officiellement aucune raison n’a été donnée à ce départ, mais la position de Klibi était devenue très inconfortable, estiment les observateurs. L’agression irakienne contre le Koweït et ses conséquences ont accéléré la division du monde arabe toujours latente. Au dernier sommet arabe réuni au Caire le 10 août, les oppositions ont éclaté au grand jour entre un axe dominé par les pro-américains (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït...) et des pays beaucoup plus réservés devant l’arsenal de guerre déployé dans le Golfe (Tunisie, Algérie, OLP...). "Déplorant les divisions au sein du monde arabe", Souleimane Najjab, membre du Comité Exécutif de l’OLP, estime qu’il existe "un danger que la scission soit consacrée", ajoutant : "En poussant la Ligue à la scission, on s’éloigne de toute possibilité de recherche d’une solution arabe au conflit du Golfe étant donné que les pays arabes perdront leur rôle dans la recherche d’une telle solution". Il a rejeté la responsabilité de la division sur "les parties qui ont insisté pour réunir un conseil ministériel extraordinaire afin d’adopter des résolutions à la majorité - et non à l’unanimité comme il est d’usage - tout en sachant qu’une telle position ne ferait qu’envenimer l’atmosphère". Mais pour Souleimane Najjab, "tout espoir n’est pas perdu. Un effort peut encore être entrepris pour stopper cette détérioration et réactiver le rôle de l’organisation..." Assaad el-Assaad, un Libanais de 70 ans, adjoint de Chadli Klibi, assure l’intérim du secrétariat général jusqu’à l’élection d’un nouveau titulaire.

Interview de Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 : éviter l'affrontement nord-sud.
"Il faut toujours avant de déclencher un conflit, poser la question des buts de guerre" rappelle part Jean-Pierre Chevènement au micro de la radio française Europe 1. "Dans les résolutions de l’ONU, c’est l’évacuation du Koweit par l’Irak, c’est la libération des otages. Ce n’est pas comme j’ai pu le lire sous la plume de tel ou tel, (...), de casser l’Irak ou d’aboutir à une situation qui, inévitablement, conduirait à un dérapage nord sud de ce conflit. (...) Le but est d’amener l’Irak à récipiscence, et l’intérêt de la France, auquel on ne se réfère pas souvent, l’intérêt de l’Europe ne sont pas de faire déraper ce conflit (...) en un affrontement Nord-Sud". Et comme on lui demande si la France se joindrait aux USA dans le cas où ils lanceraient une offensive contre l’Irak, Chevènement répond : "Il n’y a pas de base juridique aujourd’hui pour une intervention militaire contre l’Irak, ou même simplement pour libérer le Koweit, dont les spécialistes savent qu’elle serait extrêmement coûteuse en vies humaines, puisque ceux que je consulte habituellement, chiffrent le nombre de morts à pas moins de cent mille."

 L'interminable attente des otages français retenus à Bagdad.
La télévision française Antenne 2 est parvenue à interviewer des otages français à Bagdad. Selon ces derniers, l'attente est devenue très difficile à supporter. Loin de leurs proches et de leurs pays, ils font face aux espoirs des annonces de Bagdad suivis de désillusions. "On s'attandait à des négociations plus rapides, maintenant on s'est fait à l'idée que les negociations durent longtemps" explique un otage. "La liberté, on l'a, puisqu'on est libre de circuler dans la ville
mais on n'a pas la liberté de pouvoir rentrer chez nous de voir nos femmes et nos enfants. C'est très dur." "Il faut espérer, poursuit un autre Français, mais je n'espère pas Noël à Bagdad, parce que là, ça commencerait à être très très long..."

Incident diplomatique entre Américains et Saoudiens.
Le Washington Post révéle que le général saoudien, Khalid bin Sultan, a osé affirmer que toute décision de Washington d’utiliser les forces américaines déployées en Arabie saoudite pour des opérations offensives devaient être précédées de consultations entre George Bush et le roi Fahd. Mal lui en a pris. Le général Norman Schwarzkopf, commandant des forces américaines en Arabie saoudite, s’est immédiatement plaint auprès de la Maison-Blanche et du Pentagone prétendant que la position saoudienne pourrait empêcher les USA de répondre à des "imprévus militaires". Le même jour, Bush a convoqué à la Maison Blanche l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Washington pour le rappeler à l’ordre.

Michel Rocard dit tout au Brésil et son contraire au Chili.
Le Premier ministre français s’abstrait de la "logique de guerre", le temps d’une escale au Brésil. Aux autorités venues le saluer sur l’aérodrome de Recife où s'est posé le DC-8 qui doit l'emmener au Chili, Rocard déclare en effet que "la France n’a absolument pas l’intention de recourir à la force contre l’Irak". Il leur précise qu’elle "suivra la résolution de l’ONU maintenant le blocus économique contre l’Irak" et il se dit même certain "que la crise du Golfe sera résolue par la voie diplomatique car les sanctions imposées par les Nations Unies sont très graves, ce qui évitera le déclenchement d’une guerre". Des propos d’autant plus remarquables que ceux qu’il avait tenu le 27 août dernier devant les députés réunis en session extraordinaire étaient d’une tonalité à peu près diamétralement opposée.
Effet du décalage horaire ou simple souci de ménager ses interlocuteurs brésiliens dont le grand pays est devenu l’un des partenaires privilégiés de l’Irak au sein des non-alignés ? Toujours est-il que quelques heures plus tard, à peine débarqué à Santiago du Chili, Michel Rocard se presse de faire rectifier ses dires par son "entourage". Cette seconde dépêche AFP prenant le contre-pied de la précédente : "Si la France reste très attachée à une solution diplomatique dans la crise du Golfe, il est clair, aux yeux du Premier ministre que les chances de celle-ci s’amenuisent". Et "l’entourage" d’ajouter : "Il est clair que si les forces françaises déployées dans le Golfe n’ont aucune mission agressive, elles ne resteraient pas inactives si un conflit ouvert se déclarait". Voilà qui cadre mieux en effet avec la vision pessimiste des choses que cultive Michel Rocard depuis son retour de vacances, avec l’intention manifeste de préparer l’opinion à un conflit ouvert avec l’Irak.

En bref :
Le président du Sénégal Abou Diouf annonce que des troupes de son pays vont se joindre à la force multinationale dans le Golfe.

Il a dit :
Richard Gephardt, président de la majorité démocrate à la Chambre des représentants : "Il nous faut une aide accrue. Nous avons tout particulièrement besoin d’un appoint de troupes terrestres de nos alliés." Après avoir "salué" l’envoi de la flotte française et de navires britanniques au Moyen-Orient, il ajoute : "Nous voudrions que (ces 2 pays) envoient également des troupes terrestres aux côtés des nôtres."

Lu dans la presse :
Quotidien français Le Figaro : "Depuis le début de la crise, les Arabes fortunés du Golfe ont déjà transféré 8 milliards de dollars vers l’Occident."
Quotidien américain New York Times citant un haut fonctionnaire US : Le Pentagone a secrètement déployé des avions de combat dans les pays arabes du Golfe. Des chasseurs bombardiers F-15 et F-16, des appareils d’assaut A-6 et des dispositifs de "guerre électronique" ont été signalés dans les E.A.U. au Quatar et à Oman. Tous ces pays ont mis leurs installations logistiques à la disposition de l’US-Air Force. De nouveaux contingents de troupes ont été envoyés par l’Egypte et le Bangladesh en Arabie Saoudite.

mercredi 5 septembre

Libération de 100 otages français (26 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 5 septembre 1990

James Baker souhaite créer une OTAN arabe.
Les USA envisagent de former une alliance politico-militaire permanente dans le Golfe, sur le modèle de l’OTAN, pour contenir l’expansionnisme de l’Irak, même si Bagdad se retirait du Koweit. C'est ce qu'annonce en substance le secrétaire d’Etat américain James Baker qui précise devant la Commision des Affaires étrangères de la Chambre des représentants : "Je crois que nous devons examiner comment créer, avec d’autres, une nouvelle stucture de sécurité dans la région". "
Nous devrions certainement jouer un rôle, poursuit le chef de la diplomatie américaine, et il y aurait donc une précence continue là-bas (...) avec une importante participation arabe". Baker s’est référé à la stratégie de Washington au plus fort de la guerre froide, poursuivant : "Ca a marché en Europe. L’URSS a des armes nucléaires depuis longtemps, en remontant à Staline, et nous avons développé une structure de sécurité régionale qui a marché. Je ne doute pas une minute que nous puissions faire la même chose dans ces cas-ci". L’agence irakienne INA, qui ne partage pas cet avis, appelle "les Arabes, les musulmans et les hommes intègres du monde entier à faire échec à ce complot", accusant de complicité "ceux qui l’appuient, notamment le roi Fahd d’Arabie et le président égyptien Hosni Moubarak". Il s’agit, poursuit INA, d’ "occuper les Lieux Saints des Arabes et des musulmans et (de) contrôler totalement le pétrole arabe pour une longue durée". La semaine dernière, Margaret Thatcher estimait que l’OTAN devait se préparer à assumer un rôle plus étendu, et "assurer une défense hors de sa zone". Le Premier ministre britannique, qui semble vouloir sa part du gâteau pas le biais de l’OTAN, a posé la candidature de Londres comme 2ème "gendarme du monde". Lui emboîtant le pas, le président du Conseil de l’Atlantique nord, Patrick Duffy, a prôné une révision de la charte de l’Alliance atlantique, datant de 1949, qui interdit à l’organisation d’intervenir hors du territoire des pays membres. Cependant, les jusqu’auboutistes rappellent complaisamment que la Turquie, membre de l’OTAN, a une frontière commune avec l’Irak.

Discours de Saddam Hussein sur Radio-Bagdad : il faut libérer les Lieux Saints.
Saddam Hussein s’adresse une nouvelle fois, par présentateur de télé interposé, à la "nation arabe". Se déclarant acculé à la guerre pour "libérer" les Lieux Saints de l’Islam, le président irakien exhorte les musulmans et les Arabes hors d’Irak à l’aider dans son combat "pour sauver l’humanité des puissances injustes". "
Plus de 5 millions d’Irakiens sont prêts au combat et les Etats-Unis et leurs alliés devront déployer 12 millions de combattants pour leur faire face", déclare-t-il précisant que la puissance aérienne américaine à elle seule "ne sera pas déterminante pour décider du sort des armes". Saddam Hussein accuse le président égyptien Hosni Moubarak d’être corrompu et qualifie de "traîtres" les dirigeants saoudiens qui, affirme-t-il, ont autorisé la présence d’infidèles dans les Lieux Saints de l’Islam. Il souligne que le cliquetis des armes où leur utilisation ne feraient que renforcer sa détermination car "nous ne saurions être tranquilles avant que le dernier soldat étranger ne quitte de gré ou de force la région".

Libération d'otages occidentaux.
La nuit dernière, un avion de la Luftwaffe se posait à Francfort avec, à son bord, une centaine d'anciens otages de 14 nationalités différentes, mais une majorité d'Ouest-Allemands. Quelques heures plus tard, c'est à Londres que se posait un avion de Virgin Atlantic, avec 92 anciens otages. Ce soir, un Airbus affrété par Air France se pose sur l’aéroport d’Amman, en Jordanie. A son bord, 105 étrangers, des femmes et des enfants, parmi lesquels 63 Français, 23 Britanniques, 10 Américains et 9 Grecs. Peu après, le ministère français des Affaires étrangères indique qu’un vol spécial à destination de Paris a quitté la capitale jordanienne, ramenant une centaine d'anciens otages français. Le Premier ministre français Michel Roccard, en visite en Amérique du Sud, déclare qu’il ne faut pas céder au chantage de Saddam Hussein. A Paris, le ministère des Affaires étrangères annonce que Georgina Dufoix, présidente de la Croix Rouge française et ancien ministre, a été chargée par le gouvernement de mettre en place en Jordanie un dispositif de rapatriement. Edith Cresson, ministre des Affaires européennes demande de son côté que les familles retenues en territoire irakien et au Koweit puissent bénéficier du fonds de garantie prévu pour l’aide aux victimes d’attentats. Comme pour ne pas être en reste, un député réclame auprès du Quai d’Orsay des mesures pécuniaires en faveur des otages retenus en Irak.

Le Japon augmente sa participation à la coalition anti-irakienne.
Sollicité la semaine dernière par Washington "pour une intervention plus efficace", le gouvernement japonais fait "un premier geste concret", dans son programme d’aide à l’embargo de l’Irak. Tokyo annonce en effet l’envoi imminent de 800 véhicules tout terrain, à la force multinationale dans le Golfe. Ils seront acheminés par bateaux sous pavillon panaméen, mais qui appartiennent, en fait, à la compagnie nipponne Kawasaki Kisen Kaisha. Ce programme a reçu un accueil mitigé, particulièrement aux USA où, selon l’AFP, "on s’attendait à ce que le Japon fasse plus, notamment en matière de transport de personnel et de matériel militaire". D’après le porte-parole du gouvernement japonais, Misoji Sakamato, Tokyo étudierait le moyen de modifier la Constitution du pays, afin de pouvoir envoyer des troupes dans le Golfe.

Le sort des Koweïtiens en exil et au Koweït occupé.
Les réfugiés Koweïtiens en Arabie Saoudite sont au moins 160.000 dont près de la moitié le long du Golfe, dans l’est du pays. Dans la grande agglomération qui constitue les villes de Darhan, Damman et El Khorba, face à l’île de Bahrein, ils tentent de s’organiser pour vivre le moins mal possible leur exil. Selon Zaim Al Rifaï, l’un des responsables locaux du "Comité pour le Koweït libre" fondé voici une dizaine de jours à l’instigation du gouvernement du Koweït,
le gouvernement koweïtien en exil à Taëf envisage de donner à chaque famille une indemnité. Actuellement, les comités pourvoient aux besoins grâce aux fonds qu’ils reçoivent du gouvernement et aux dons privés. Les familles dressent des listes de ce qui leur manque, (vêtements, livres, médicaments...), et les donnent aux comités. Al Rifaï explique que les fonds Koweïtiens à l’étranger jusqu’ici bloqués à la demande de la famille royale, sont peu à peu débloqués selon les besoins du gouvernement. Ils s’élèvent à près de 120 milliards de dollars judicieusement placés qui fournissent un revenu tout à fait appréciable. La Koweït Investissement Compagny, organisme d’Etat chargé du placement des fonds Koweïtiens vient d’installer ses bureaux en Suisse où elle poursuit ses activités. De plus, les contrats de fournitures de pétrole passés par la compagnie nationale Koweïtienne avec des sociétés européennes sont en partie honorés par l’Arabie Saoudite qui avance ainsi du pétrole à son voisin. Le gouvernement Koweïtien a annoncé que, grâce à tout cela, il allait pouvoir indemniser les résidents étrangers qui ont perdu leurs biens au Koweït. Déjà, au Koweït occupé, une résistance s’organise. La nuit, des Koweïtiens changeaient les noms des rues, les numéros des maisons, pour égarer les Irakiens. D’autres ont attaqué les stations de police, les patrouilles. Les résistants ont différentes manières de se procurer des armes. Certains en avaient chez eux, d’autres en ont pris dans les commissariats désertés les premiers jours.

Rencontre Mikhaïl Gorbatchev - Tarek Aziz.
A Moscou, Mikhaïl Gorbatchev reçoit Tarek Aziz.
Annonçant la visite inopinée du chef de la diplomatie irakienne, l’agence Tass indique que le Kremlin tenait à "une utilisation maximale des moyens politiques" pour trouver un règlement à la crise du Golfe et maintient, dans ce but, ses contacts avec Bagdad. Tass rappelle également la visite d’un vice-premier ministre irakien, le mois dernier, pour déplorer que ces contacts n’ont pas encore donné les résultats escomptés, puisque l’Irak maintient ses troupes au Koweit et se refuse à rétablir la pleine souveraineté de ce pays. Il est évident que les entretiens Gorbatchev - Aziz se situent dans le cadre de la préparation du sommet USA - URSS d’Helsinki. On annonce également à Moscou la prochaine visite du roi Hussein de Jordanie sans qu’il soit indiqué si elle aura lieu avant ou après la rencontre Bush - Gorbatchev prévue dans 4 jours. Le Kremlin avait affirmé, dès le mois d’août, sa volonté d’utiliser ses relations avec Bagdad et d’autres capitales arabes pour essayer de trouver une issue politique à la crise. Approuvant les mesures de rétorsions prises par l’ONU et solidaire, de ce fait, du blocus international, Moscou n’en tente pas moins une difficile médiation. On espère, dans la capitale soviétique, que les entretiens avec le ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein et les contacts diplomatiques qui se poursuivront permettront à Gorbatchev et Bush d’adopter, en fin de semaine, une position commune écartant tout danger de guerre. Mais Tass, qui informe largement de la situation au Proche-Orient et notamment des exactions commises par les Irakiens au Koweit, rappelle - se faisant l’écho de la direction soviétique - que le droit international ne saurait être bafoué et que Bagdad doit retirer ses troupes de l’émirat. Si la crise du Golfe doit occuper l’essentiel du temps des présidents des USA et de l’URSS, lors de leur rencontre, selon le porte-parole du Kremlin, les 2 hommes se pencheront également sur d’autres dossiers. La négociations sur la réduction des armements nucléaires stratégiques et l’achèvement des pourparlers sur la réunification allemande, seront également à l’ordre du jour.

En bref :
Le ministre français de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, effectue aujourd'hui et demain une tournée au Proche-Orient. Après l'Egypte et le Qatar, c'est au tour des Emirats Arabes Unis de recevoir le chef des armées françaises.

Miles Hoffman, un otage américain, est blessé par balles au bras alors qu'il tentait d'échapper aux soldats irakiens venus l'arrêter à son domicile.

L’Iran annonce qu’il n’augmentera pas sa production pétrolière malgré l’appel lancé par l’Arabie Saoudite "pour stabiliser le marché".

Ils ont dit :
Richard Gephardt, président de la majorité démocrate à la Chambre des représentants : "Il nous faut une aide accrue. Nous avons tout particulièrement besoin d’un appoint de troupes terrestres de nos alliés." Après avoir "salué" l’envoi de la flotte française et de navires britanniques au Moyen-Orient, il ajoute : "Nous voudrions que (ces 2 pays) envoient également des troupes terrestres aux côtés des nôtres."
Gérard Trésanini, directeur général de Total Raffinage Distribution : "Nous avons peut être été trop loin dans notre programme de réduction des capacités de raffinage" (Quotidien français Les Echos).
Thomas Foley, président américain de la Chambre des représentants : "Il n’est pas possible qu’une seule industrie puisse influencer la politique internationale des Etats-Unis. D’ailleurs, les commissions du Congrès vont surveiller de près les compagnies pétrolières et s’assurer qu’elles ne se servent pas du marché pétrolier actuel pour augmenter le prix des carburants".
Binyiamin Nethaniyahou, vice-ministre israélien des Affaires étrangères : "Toute tentative de lier la crise du Golfe au conflit israélo-arabe déforme la réalité et fait le jeu de Saddam Hussein".
James Baker, secrétaire d’Etat américain, au Congrès américain : "Dans un pays comme le nôtre où nous avons un PNB de 5.000 milliards de dollars, 6 milliards de dollars (coût de la présence américaine dans le Golfe), ce n’est pas grand chose."
Colonel Washbi Abdou, de l'armée égyptienne : "Nous sommes ici pour défendre les Lieux Saints de l’Islam" (Quotidien français L'Humanité).
Marlin Fitzwater, porte-parole de la Maison Blanche : "Un nouvel ordre international est en construction à Helsinki, le travail de fondation va commencer dimanche", soulignant que l'entretien Bush - Gorby sera "le moment pour les 2 Grands d’évaluer les intérêts des super-puissances et de porter un jugement sur la période de l’après guerre froide".

Lu dans la presse :
Quotidien français Quotidien de Paris : "La crise du Golfe prive l’Europe d’importantes quantités de produits raffinés".
Quotidien soviétique
La Pravda : Les positions des 2 parties "peuvent diverger à certains égards". L'URSS ne soutient pas l’agression de l’Irak contre le Koweït. "Nous sommes en faveur d’un règlement politique du conflit. Notre position est sincère et repose sur des principes".

jeudi 6 septembre


La fermeté de la France face à l'Irak (25 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 6 septembre 1990

Renforcement de la flotte occidentale dans le Golfe.
La marine occidentale se renforce dans le Golfe pour faire respecter l'embargo contre l'Irak. Le commandement de la marine américaine a autorisé hier le cuirassé Wiconsin, fleuron de l’US Navy, à utiliser ses énormes canons de 16 pouces (400 mm). Ils ont une portée de 37 km et tirent des obus pesant 1.215 kg. Le cuirassé Missouri devrait recevoir sous peu une autorisation similaire.
Ses ordres parviennent alors que parallèlement, le renforcement de l’armada se poursuit. Les autorités égyptiennes du canal de Suez indiquent que 3 bâtiments de guerre espagnols (2 corvettes, 1 frégate), ayant à leur bord 500 hommes, se dirigent vers la Mer Rouge et le Golfe. Ils sont suivis par le Nassau, navire américain amphibie qui peut transporter des avions à décollage vertical, des hélicoptères et des véhicules. L’accompagnent également le Pensacola et le Saginaw, spécialisés dans le transbordement de troupes et de chars. De plus, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères indique que la France n’a pas "d’objection de principe" à la requête des USA, qui ont demandé à leurs alliés de mettre à leur disposition des navires civils pour transporter troupes et matériels vers le Golfe.

Les USA veulent partager la facture du Golfe.
Après Nicholas Brady, secrétaire américain au Trésor, qui effectue une tournée des pays engagés au côté de George Bush pour mettre au pas Saddam Hussein, c’est maintenant au tour du secrétaire d'Etat James Baker d’ "aller chercher un soutien accru à la campagne contre le maître de Bagdad". Il s’est envolé hier pour plusieurs capitales arabes et européennes. "Un des buts de ce voyage est de parler à un nombre de pays de ce qu’ils pourraient faire en plus de ce qu’ils ont déjà accepté..." a-t-il déclaré, avant de décoller pour Riyad.

La Chine s'oppose à la coalition.
Taha Yassin Ramadan, vice-Premier ministre irakien, arrive à Pékin pour évoquer la crise du Golfe avec les dirigeants chinois. "Cette visite résulte d’une requête faite par la partie irakienne et à laquelle la partie chinoise a accédé", déclare Li Jinhu, porte-parole de la diplomatie de Pékin. Li réaffirme que la Chine était "contre l’implication militaire des grandes puissances dans la région" (du Golfe), ajoutant : "Nous avons toujours été opposés à la présence de troupes de tout pays dans un autre".

Bilan de la rencontre Aziz - Gorbatchev : une entente de façade.
Le ministre irakien, qui tient une conférence de presse avant de quitter Moscou où il a rencontré Gorbatchev, affirme que les Soviétiques travaillant en Irak sont "libres de leur mouvement" et qu’il appartient à l'URSS de décider de retirer ou non ses spécialistes. Il confirme que les militaires soviétiques n’ont pris part ni à la préparation de l’expédition au Koweït ni à son déroulement. Ils sont "dans l’ombre", dit-il.
Tarek Aziz rappelle qu’il s’est rendu à Moscou à la demande de Saddam Hussein "qui a tenu à informer le président soviétique de la position de l’Irak" avant le sommet USA-URSS d’Helsinki. Le ministre irakien des Affaires étrangères reconnaît qu’il existe des divergences entre Bagdad et Moscou portant sur l’appréciation de la situation dans le Golfe, mais il estime que les entretiens ont été "constructifs" et "sincères". Il se déclare prêt à les poursuivre après la rencontre Bush-Gorbatchev. Interrogé sur l’éventualité d’une médiation soviétique, Aziz déclare que "si l’URSS était disposée à jouer un rôle plus actif, l’Irak s’en féliciterait". Il rappelle cependant que son gouvernement ne ferait un pas vers l’élaboration d’un règlement qu’à condition que les occidentaux acceptent le principe d’un règlement global au Moyen-Orient, y compris celui du problème palestinien. En fin d’après midi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’URSS, Guennadi Guerassimov, sans entrer dans le détail des conversations affirme qu’elles ne sauraient être caractérisées comme "un pas en arrière", les contacts diplomatiques étant toujours utiles, mais qu’il faut attendre avant de parler de "pas en avant". Guerassimov indique que la partie irakienne a exposé son point de vue et Moscou le sien. Moscou, affirme-t-il, n’est pas disposé à adopter un ultimatum conjoint à l’Irak lors de la rencontre Bush-Gorbatchev de dimanche. C’est la 1ère fois que l’hypothèse d’un ultimatum commun est évoqué à propos d’une rencontre, dont la Maison-Blanche souhaiterait qu’elle donne le feu vert à une intervention américaine, ce qui ouvrirait la voie à de redoutables aventures. Tout en excluant donc l’idée d’un ultimatum, le porte-parole soviétique indique que les USA et l’URSS ont cependant "des responsabilités particulières" et il avance l’idée de la constitution d’un état-major auprès de l’ONU comme la charte de l’organisation internationale le prévoit.

Interview de Jacques Chirac dans Paris Match : le gendarme du monde, c'est l'ONU.
Dans une interview accordée à l'hebdomadaire français Paris-Match, le maire de Paris se prononce pour une issue pacifique à la crise du Golfe : "Il faut soutenir les efforts du secrétaire général de l’ONU. (...) Ses efforts ont été vains jusqu’ici. Mais rien ne doit nous faire désespérer". Jacques Chirac insiste par ailleurs sur la nécessité pour la France de ne pas emboîter le pas des USA dans la voie d’une escalade militaire : "Il ne faut pas que la France soit "à la traîne" de quiconque. Nous devons participer, avec nos moyens, à une action internationale qui ne peut être que décidée et coordonnée par l’ONU (...). C’est à l’ONU de jouer le rôle de gendarme du monde et de prendre les initiatives et les décisions qui s’imposent. (...) La France, sous l’impulsion du général de Gaulle, a élaboré une politique arabe qui est conforme à ses intérêts et à ceux des pays arabes. (...) La fermeté exigée par la situation ne doit en aucun cas mettre en cause ces relations." "
Je souhaite dans cette crise, ajoute Chirac, que nos responsables n’oublient jamais que la France a une position et des intérêts propres dans le monde arabe et qu’elle doit conserver son indépendance de jugement et d’action".

Conférence de presse du représentant de l'OLP en France : l'ONU doit agir contre Israël.
L’OLP souhaite que l'ONU témoigne "envers le respect des droits du peuple palestinien et de la légalité internationale" de "la même vitalité exceptionnelle exprimée par les Nations Unies à propos de la crise du Golfe", déclare à Paris le délégué général de Palestine en France, Ibrahim Souss. Dans sa conférence de presse, ill invite "la communauté internationale, qui a réaffirmé au cours des dernières semaines son refus de l’acquisition de territoires par la force", à "exprimer de manière plus ferme et plus urgente sa détermination à faire respecter ce principe et à exiger d’Israël l’application des résolutions de l’ONU relatives à la question palestinienne".

Conférence de presse de François Mitterrand : il faut un embargo sans faille.
François Mitterrand réaffirme que la France s’en tient aux résolutions de l’ONU. "Je crois à l’efficacité de l’embargo", déclare-t-il. Et d’ajouter immédiatement que "la sagesse (en la matière) c’est d’être implacable dans son exécution". Le Président n’écarte pas la possibilité d’une action militaire de la France dans le Golfe. Il fait valoir la capacité d’intervention des forces françaises "qui se situent au 2ème rang aujourd’hui, dans le dispositif, après les Etats-Unis, et nettement devant tout autre". Dans le même temps, il réemploie sa regrettable expression de "logique de guerre". Ce ne serait "pas servir le droit (international) que de prétendre aller vers la paix par le mauvais chemin". Le chef de l’Etat avoue enregistrer les démarches, qualifiées d’"irréelles", de Yasser Arafat, du roi Hussein de Jordanie, "d’un certain nombre de pays, de chancelleries, et même du secrétaire général des Nations- Unies". Il s’empresse d’ajouter que rien n’indique plus aujourd’hui "qu’on puisse appliquer les résolutions des Nations-Unies sans aggravation du conflit". Cette position ne va pas dans le sens de l’intérêt - actuel et à venir - de la France. Notre pays a des intérêts économiques, politiques, spécifiques dans cette région du globe. Des devoirs moraux aussi. Paris peut et doit prendre des initiatives en faveur de la détente. Le président se félicite de la rencontre qui doit se tenir à la fin de cette semaine entre Bush et Gorbatchev à Helsinki. L’objectif de ce sommet serait, selon Mitterrand, de faire la démonstration que "ces 2 grands pays" sont bien "en harmonie". Il fait état d’une conversation téléphonique avec Gorby, où celui-ci se serait montré "très déterminé" à faire tout ce qui peut être fait pour que la cohésion de ceux qui ont adopté les résolutions de l’ONU "soit préservée et si possible renforcée". Pour finir, le président français confirme qu’il prend la pleine paternité des mesures d’austérité décidées par le gouvernement : "Ce sont des mesures de rectification, d’adaptation, que j’ai déclarées moi-même nécessaires".

Conférence de presse de François Mitterrand (1h02)
Antenne 2 - Edition spéciale dans l'après-midi - 6 septembre 1990

Hussein de Jordanie en visite à Bagdad.
Le roi Hussein de Jordanie est arrivé hier à Bagdad. Il poursuit aujourd'hui ses entretiens avec Saddam Hussein. Selon des sources diplomatiques, ces discussions commencées aussitôt après l’arrivée du souverain jordanien à Bagdad, portent essentiellement sur les efforts déployés en vue "de trouver une solution à la crise au sein de la famille arabe en dehors de toute ingérence étrangère". Le roi Hussein a informé Bagdad des résultats de sa tournée au Maghreb et dans plusieurs capitales européennes.

La Libye s'engage dans le ballet diplomatique.
A Tripoli, le président Kadhafi décide d’envoyer des émissaires dans plusieurs capitales, parmi lesquelles Paris, Rome et Moscou, pour les informer de son projet de règlement de la crise du Golfe.
Le dirigeant libyen a lancé le 1er septembre un plan de solution de la crise du Golfe, prévoyant le retrait des forces irakiennes du Koweït et leur remplacement par des forces de l’ONU, l’évacuation de l’Arabie Saoudite par les forces multinationales au profit de forces musulmanes et arabes. Le projet prévoit également la levée de l’embargo imposé à l’Irak, la mise à disposition de Bagdad de l’île koweitienne de Bubiyan (nord-ouest du Golfe) et du champ pétrolifère de Rumaylah (à la frontière des 2pays) et la liberté pour le peuple koweitien de choisir son régime politique et ses dirigeants.

En bref :
Les autorités de Bagdad reconnaissent avoir "accidentellement" blessé par balles l'otage américain au Koweït, alors qu'il tentait d'éviter une capture.

La presse d’Ankara et l’opposition turque expriment leur vive inquiétude suite au vote du Parlement turc autorisant le gouvernement à envoyer des troupes à l’étranger. L’ancien Premier ministre Souleiman Demirel déclare : "Je ne peux rien imaginer de pire que de voir nos fils tués dans le désert et d’en tirer de l’argent."

Le ministère irakien de la Défense fait savoir aux sous-officiers démobilisés âgés de 37 ans (ils sont plusieurs milliers) qu’ils ont 3 jours pour rejoindre leurs unités.

Ils ont dit :
Margaret Thatcher, Premier ministre de Grande-Bretagne : "Hussein prétend être le leader du monde arabe et il se cache derrière des femmes et des enfants" otages.
David Lévy, ministre israélien des Affaires étrangères : Tel-Aviv "est aux côtés de l’Amérique dans le combat pour des valeurs que nous partageons" (Radio-Israël).
George Bush, président des Etats-Unis, accepte "l’offre de diffuser un message au peuple irakien" (Communiqué de la Maison Blanche).
Tarek Aziz, ministre irakien des Affaires étrangères, regrette que des "divergences considérables" opposent l'URSS à l'Irak.

Sondage :
Sondage Louis-Harris - L’Express : Grâce au Golfe, la cote de popularité de François Mitterrand progresse de 7 points (61% d’opinions positives) et celle de Michel Rocard de 4 points (57%).

Lu dans la presse :
A
gence de presse américaine Associated Press : Selon de hauts responsables de l’administration Bush, Washington désire que ses alliés assument la totalité du coût de l’opération Bouclier du désert, soit en argent, soit en contributions matérielles. Celui-ci est actuellement estimé à 6 milliards de dollars jusqu’à la fin de l’année.
Quotidien iranien Tehran Times : "Puisque les résolutions de l’ONU ne font pas tomber les vivres et les médicaments sous les sanctions imposées à l’Irak, l’Iran en choisissant de venir en aide au peuple irakien (par l’envoi de ces produits à Bagdad), l'Irak ne violera aucune loi internationale".
Quotidien économique américain Financial Times, citant le ministre italien des Affaires étrangères : L’URSS a proposé à la CEE d’étudier la possibilité d’une déclaration commune sur la crise du Golfe. L’initiative de Moscou viserait à contrebalancer la déclaration américano-soviétique prévue dans 3 jours.

vendredi 7 septembre

Renforcement de l'embargo contre l'Irak (24 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 7 septembre 1990

George Bush prépare une cassette à diffuser sur Radio-Bagdad.
Après avoir refusé l’invitation d’Hussein à participer à un débat télévisé, Bush accepte d’envoyer un message sur bande vidéo, qui sera diffusé à la télévision irakienne. Le président américain exige cependant certaines conditions : que le gouvernement américain ait toutes les assurances qu’aucune coupure ni qu’aucun montage ne soit effectué et que le discours soit obligatoirement programmé.

Interview du chef d'état-major français sur Europe 1 : une guerre ferait 100.000 morts.
François Mitterrand dépèche sur une radio française son chef d’etat-major des armées pour expliquer la position de la France. "Tous les scénarios ont été envisagés, y compris la guerre" confirme le général Schmitt au micro d’Europe 1. Au point d’avoir travaillé sur des estimations des pertes probables. Le chiffre de 100.000 morts avancé l’autre jour par Jean-Pierre Chevènement est "convenable", juge le général avant de préciser qu’il se répartirait "grosso modo entre 10.000 morts du coté des forces du droit et à peu près 90.000 du coté irakien". Quant aux otages, Schmitt ne craint pas d’estimer que "si c’était nécessaire, il faudrait faire la part du feu et frapper les sites" sur lesquels ils ont été répartis. C’est ce qui s’appelle faire bon marché de la peau des autres et c’est d’autant plus choquant que la plupart de ces otages sont des ingénieurs et techniciens envoyés là-bas dans le cadre de la politique de vente d’armes à l’Irak conduite jusque récemment par leurs gouvernements respectifs.

Conférence de presse d'Edouard Chevardnadze : il faut réactiver le "facteur arabe".
L’agence de presse soviétique TASS rapporte les propos que le ministre des Affaires étrangères de l’URSS a tenu ce soir devant des journalistes soviétiques, dans l’avion qui le ramenait du Japon. Enumérant les différentes propositions avancées pour résoudre la crise dans le Golfe, Edouard Chevardnadze a insisté sur la "réactivation" du "facteur arabe", notamment dans le cadre de la convocation d’une conférence internationale sur le Proche-Orient. "Si besoin est, a-t-il déclaré, je suis disposé à me rendre en Irak. Il est possible que je sois amené aussi à collaborer un peu avec Israël au niveau ministériel." Chevardnadze a précisé : "Si nous réussissons à convoquer une telle conférence, avec la participation des parties au conflit, des pays membres du Conseil de Sécurité et peut être quelques autres, alors on pourrait dans un premier temps examiner la question du Golfe, dans un second temps se consacrer à la question des territoires arabes occupés, c’est-à-dire au problème complexe du conflit israélo-arabe. Dans un troisième temps, la conférence s’occuperait du problème libanais".

James Baker rencontre les émirs saoudiens.
Ce n’est pas de solution pacifique que le secrétaire d’Etat américain James Baker est venu parler en Arabie Saoudite, mais d’argent. En l’occurrence des millions de dollars qu’il va falloir trouver pour continuer à financer le coût de l’intervention américaine. C’est l’essentiel des discussions qu’a eu James Baker avec son homologue saoudien et avec le roi Fahd hier soir à Djeddah. C’était également le plat de résistance de son entretien avec l’émir du Koweït Cheik Jader al-Ahmed al-Sabah qu’il a rencontré à Taëf, où il s’est replié dans les montagnes à l’hôtel Sheraton avec la plupart des membres de son gouvernement. "
En tant qu’agressés, a déclaré l’émir à l’issue des entretiens, nous souhaitons que la solution arrive le plus rapidement possible et quel qu’en soit le moyen". L’un de ses ministres, Yayia el Sumait a été plus direct encore : "Je ne crois pas à la possibilité d’une solution politique avec un homme comme Saddam Hussein. Si cela dépendait de moi, je lancerais l’attaque contre lui dès demain". Interrogé sur le fait de savoir si des conditions ont été posées à Washington pour le déblocage de la contribution koweïtienne à l’effort de guerre, Cheik Sabah, ministre des Affaires étrangères, a répondu non. Mais il a aussi précisé ce que le Koweït attend de la force multinationale : "La défense de l’Arabie Saoudite et la libération du Koweït". Il n’a pas voulu préciser quelle somme serait consentie par son pays, mais on sait que les USA en espèrent 400 millions de dollars par mois. James Baker a confirmé le soutien total des USA au Koweït, à la libération de son territoire et à la restauration de la famille royale. Mais il a également affirmé que les USA s’en tenaient à l’application complète des résolutions de l’ONU pour contraindre Saddam Hussein au retrait en organisant l’asphyxie économique de l’Irak. "Nous avons besoin pour cela, a-t-il dit, de renforcer le consensus international en amenant davantage de pays à assumer des responsabilités financières et militaires". Le secrétaire d’Etat s’envolait ensuite pour les Emirats Arabes unis à qui il compte demander une contribution de cent millions de dollars par mois. Il se rendait ensuite en Egypte et en Syrie. A ces 2 pays, il ne s’agit pas de demander de l’argent mais au contraire de leur donner une récompense pour leur participation militaire à la force arabe. Avant de quitter Taëf, James Baker a inspecté les éléments de la force aérienne américaine stationnée sur l’aéroport. Le 2ème volet du voyage de Baker dans le Golfe est de poser les jalons d’une future "structure de sécurité commune" pour la région. Mais il nie avoir envisagé une "OTAN du Moyen-Orient". Mais quel qu’en soit le nom que l’on donne à l’organisme qu’il est en train de tenter de mettre en place, il sera dominé par les USA et pour l’instant aucun Etat du Golfe ne semble en mesure de s’y opposer efficacement.

L'Irak dit non à l'aide de la Croix-Rouge.
Cornelio Sommaruga, président du CICR s'est rendu à Bagdad durant la semaine pour rencontrer 3 fois Tarek Aziz, ministre irakien des Affaires étrangères. Le but de ces rencontres était de discuter sur le mode d'intervention de la Croix-Rouge, conformément à la Convention de Genève de 1949. Mais à l'issue de ces entretiens, le Comité International de la Croix-Rouge n'est pas parvenu à avoir l'autorisation d'intervenir en Irak et au Koweït pour aider les civils. Le gouvernement irakien n'a fourni aucune raison à ce refus.

En bref :
Des manifestations anti-américaines rassemblent plusieurs milliers de personnes à Amman (Jordanie).

Le roi Fahd d'Arabie et l'émir du Koweït en exil s'engagent à couvrir, à hauteur de plusieurs milliards de dollars, le coût de l'opération Bouclier du Désert.

La Norvège et la Suède décident d'évacuer leurs ambassades et consulats du Koweït.

Ils ont dit :
Jean-Pierre Chevènement, ministre français de la Défense : "Les estimations de l'état-major américain vont bien au-delà de nos experts : 20.000 à 30.000 morts de leur côté pour la reconquête du Koweït, contre 10.000 selon nos propres évaluations (et 90.000 dans les rangs irakiens)". (Hebdomadaire français Nouvel observateur).
Margaret Thatcher, Premier ministre de Grande-Bretagne : "Nous croyons que des troupes supplémentaires sont nécessaires".
James Baker, secrétaire d'Etat américain, incite les Américains à la "patience". Et d'ajouter : "Quelle que soit la structure adoptée pour cette alliance, cette organisation devra tenir compte des réalités régionales dans le Golfe". Selon lui, la crise du Golfe durera très longtemps.
Georges Marchais, homme politique français : "Toute provocation est possible dans le Golfe de la part des Etats-Unis qui, incontestablement, veulent s’installer dans la région pour dominer le pétrole, sa distribution et son prix" (Radio française RMC)

Lu dans la presse :
Quotidien français Le Monde : "C’est parce que (...) le meilleur moyen d’éviter la guerre est encore d’imaginer le genre de paix qui pourrait la rendre inutile qu’il est urgent de donner autant d’importance aux scénarios de paix qu’aux scénarios de guerre".
Quotidien français Libération, à propos de l'embargo contre l'Irak : "Nous entrons donc désormais, sauf imprévisible accident, dans une logique de gel qu’il sera évidemment difficile de distinguer d’un long enlisement".
Quotidien français Le Figaro : "Officiellement, Georges Bush entendait bouter l’Irak hors du Koweït et rien d’autre. (...) Puis il est devenu évident que le président américain avait décidé en fait de casser le complexe militaro-industriel de l’Irak. Pour l’empêcher d’acquérir, un jour, la bombe atomique. Pour mettre Saddam Hussein hors d’état de nuire. Pour « pacifier » une région que le pétrole rend stratégique. Georges Bush s’est ainsi engagé à fond dans une partie dont il ne peut pas sortir vaincu. (...) La stratégie américaine consiste depuis le début de la crise à pousser Saddam Hussein à la faute pour mieux l’écraser".
Quotidien français La Tribune de l’Expansion : "Les opérateurs (les pétroliers) tentent de tirer partie de la flambée des prix dans un marché de plus en plus spéculatif. Ils ont été rejoints sur les marchés à terme pétroliers par une série d’intervenants financiers découragés par l’allure des Bourses mondiales".

samedi 8 septembre


Les enfants koweïtiens bloqués en France (25 minutes)
FR3 - Journal de 19h30 - 8 septembre 1990

Lecture d'une lettre de Saddam Hussein sur Radio-Bagdad.
Le président Saddam Hussein adresse une lettre ouverte à Mikhaïl Gorbatchev et George Bush, lue ce soir à la télévision irakienne. Il demande à "celui qui représente l’URSS" qu’il "saisisse cette occasion cruciale (...) pour réhabiliter l’Union Soviétique, maintenant que les Etats-Unis sont devenus la seule (puissance) au monde". Le message ajoute : "Que Bush ne dégrade pas davantage (l’image des) Etats-Unis au cas où il voudrait provoquer la guerre et au cas où ses armées maintiendraient leur présence sur le territoire sacré (l’Arabie Saoudite où se trouve La Mecque) et maintiendraient l’embargo, y compris sur les denrées alimentaires et sur les médicaments, contre le peuple irakien". "L’Irak, poursuit la lettre ouverte, est partisan de la paix fondée sur la justice". Saddam Hussein déclare à nouveau : "Le Koweit fait partie intégrante de l’Irak". Il accuse "les anciens dirigeants" de l’émirat d’avoir "comploté contre la nation arabe et contre l’Irak", avant de préciser : "Les tentatives de ceux qui souhaitent revenir à la situation antérieure au 2 août 1990 sont futiles et irréalisables". Le président irakien ajoute : "L’Irak est un pays du tiers-monde et vous êtes les chefs de 2 super-puissances" (...) Cela devrait vous amener à prendre des décisions marquées par le sens de la responsabilité afin d’épargner à la région la guerre et les malheurs (...) En cas de confrontation, sachez que l’Irak, ainsi que toute la nation arabe, qui compte deux cents millions d’habitants, fera bloc contre l’injustice et contre l’invasion". La lettre est signée : "Saddam Hussein, fidèle serviteur de Dieu."

Conférence de presse de George Bush à Helsinki : les bases d'un monde pacifique.
En Finlande, à la descente de son appareil flambant neuf appelé Air Force One, le président des USA explique à la presse mondiale : "Le président soviétique et moi-même nous pencherons sur une vaste série de questions. Nous cherchons à continuer à réaliser des progrès sur la voie d’une nouvelle Europe. Nous cherchons à accélérer le rythme dans le contrôle des armements stratégiques et conventionnels et je veux être informé des progrès des réformes soviétiques et explorer d’autres questions d’intérêt mutuel. Je m’attends évidemment à ce que nous consacrions une grande partie de notre temps ensemble à la situation dans le Golfe Persique. J’ai dit à maintes reprises cette année écoulée que nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans les affaires mondiales. Cette réunion intervient à un moment critique, au moment où les actions que nous prenons peuvent façonner ce nouveau monde pour des années à venir. Dans le passé, le droit international et les organisations internationales ont souvent été paralysés, impuissants à prévenir un conflit ou à rétablir la paix. Mais la réponse internationale à l’invasion irakienne prouve combien cela a changé. Ici à Helsinki, le président soviétique et moi-même nous nous rencontrons avec l’espoir de renforcer notre façon commune de considérer cet acte injustifiable d’agression. Beaucoup de choses sont en jeu et le monde a beaucoup à gagner si nous réussissons. Si les nations du monde oeuvrant ensemble continuent comme elles l’ont fait à isoler l’Irak et à priver Saddam Hussein des fruits de l’agression, nous jetterons les bases d’un ordre international plus pacifique, stable et sûr, que tout ce que nous n’avons jamais connu. Je suis convaincu que nous pouvons renverser le cours dangereux des événements initiés par les actions de Saddam Hussein et rétablir la paix, la stabilité et le respect pour le droit.
"

Conférence de presse de Mikhaïl Gorbatchev à Helsinki : il faut "protéger" la paix.
En Finlande, le président de l'URSS explique : "Le président Bush a exprimé le souhait de nous rencontrer dans ce grave moment de l’histoire où il est très important de comparer nos approches et de coopérer pour protéger les processus positifs énormes qui ont commencé dans le monde et empêcher que tel ou tel événement ne les mettent en péril. Il était important de nous rencontrer même si nous sommes en contact permanent par divers moyens. Je pense que nous discuterons de la crise du Golfe et d’autres problèmes de la politique mondiale."

Ils ont dit :
Latif Nassif al Djassem, ministre de la Culture et de l’Information irakien : "Nous sommes furieux de la position britannique. Nous pensons que Thatcher pousse le président américain George Bush à prendre des décisions draconiennes." (Quotidien espagnol Diario 16).
Edouard Chevardnadzé, ministre soviétique des Affaires étrangères : "Toutes les opérations effectuées dans le Golfe arabo-persique devraient être légales et s’appuyer sur des résolutions collectives dans le cadre des Nations-Unies.(...). Le sommet (d’Helsinki) servira à s’entendre sur ce point important."

Lu dans la presse :
Quotidien français Le Parisien : A propos des otages français travaillant pour le groupe français d'armement Thomson-CSF en Irak, le journal explique que "l'Irak pourrait tenter d'utiliser les compétences de certains de ces ingénieurs spécialistes de l'armement". Ce quotidien s'intéresse également à la personnalité de Saddam Hussein. Alors que la presse israélienne a recours à des pyschologues et la presse américaine à des voyants qui étudient chaque discours du Raïs irakien, le quotidien français a recours à... un dentiste de New Delhi : Swami Devageet. "En limant les dents du dictateur irakien, propose-t-il, on réglerait la crise du Golfe. Le passé animal de l'homme et les instincts agressifs sont situés dans la structure de sa denture". La fraiseuse : un moyen d'éviter la guerre ?
Quotidien espagnol Diario 16 : L’Irak demande à la Suède et à d’autres pays européens de recevoir un émissaire porteur d’un message de son gouvernement.
Quotidien français L'Humanité : "L’arsenal de Tarbes dont la division obuserie produit les munitions de gros calibres pour les chars et l’artillerie (...), les cadences de production ont été considérablement augmentées depuis déjà plusieurs jours, tout comme dans l’atelier du Mans qui est spécialisé quant à lui dans la fabrication des munitions de petit calibre (...) et dont le client exclusif est l’armée française."
Quotidien français Le Monde : Avant l’été, Washington a refusé une aide financière à l’URSS, alors qu’"aujourd’hui favorablement impressionnés par le comportement de l’URSS dans la crise du Golfe, comme l’a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Marlin Fitzwater, l’administration américaine se dit prête à injecter quelques milliards de dollars en URSS".


 
     
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